Interrogé mercredi sur l’adoption du plan américain, le ministre Carlos Leitão s’est dit particulièrement préoccupé par l’impact qu’auront les mesures visant à inciter «les grandes multinationales américaines à rapatrier leurs liquidités aux États-Unis».

Réforme fiscale américaine: voyant jaune pour l'économie québécoise

La réforme fiscale américaine a allumé un voyant jaune sur le tableau de bord du ministre québécois des Finances, Carlos Leitão. À terme, elle risque de réduire les investissements des grands groupes américains à l’étranger, selon lui. Le Québec sera touché.

La réforme fiscale du président Donald Trump percutera l’économie québécoise et celle de l’ensemble du Canada. Il faut savoir qu’environ la moitié des investissements étrangers au Canada proviennent de sociétés américaines.

Interrogé mercredi sur l’adoption du plan américain, le ministre Leitão s’est dit particulièrement préoccupé par l’impact qu’auront les mesures visant à inciter «les grandes multinationales américaines à rapatrier leurs liquidités aux États-Unis». 

Pour encourager les multinationales à rapatrier sur le sol américain les milliards de dollars qu’elles ont placés à l’étranger au fil des ans, Washington a décidé de les soumettre à un impôt préférentiel.

«Ça va vraiment générer des mouvements de capitaux assez importants qui vont retourner aux États-Unis, analyse Carlos Leitão. Ça peut avoir deux effets: d’abord celui de faire monter le dollar américain — et de faire baisser le dollar canadien».

Et «les projets d’investissements des grandes entreprises multinationales vont probablement se faire maintenant aux États-Unis parce qu’elles vont rapatrier leur capital là-bas». Celles qui construiront de nouvelles usines au sud de la frontière ne les construiront pas ici, a-t-il illustré.

Le ministre des Finances du Québec estime que son gouvernement et celui d’Ottawa ne peuvent rien pour contrecarrer cette mesure.

Au tour des PME

Contrairement à d’autres, il soutient par contre ne pas être préoccupé par les importantes baisses d’impôt des sociétés prévues par la réforme de l’administration Trump.

Il a déjà fait savoir qu’après avoir réduit le fardeau fiscal des particuliers, il réduira celui des PME lors de son prochain budget — mais pas de façon draconienne.

Si quelque chose devait vraiment être entrepris du côté des entreprises, et pas seulement des PME, «ce serait au gouvernement fédéral de le faire», a glissé Carlos Leitão.

Selon la Fédération des chambres de commerce du Québec, la réforme fiscale américaine pourrait non seulement «nuire aux entrées de capital externe», elle «pourrait également placer nos entreprises en situation désavantageuse par rapport à leurs concurrents du sud de la frontière, ce qui n’est pas le cas présentement».

Le président-directeur général de la Fédération, Stéphane Forget, croit que «des solutions existent à court terme pour répondre à ces changements au sud de la frontière. Les gouvernements pourraient identifier les secteurs les plus exposés au risque de voir des investissements se déplacer aux États-Unis. Ils pourraient mettre en place des mesures favorisant l’amortissement accéléré afin de soutenir les investissements des entreprises et accroître la productivité».