Selon la Fed, la production manufacturière et celle des mines, qui avaient bondi toutes deux de 0,9% en février, ont reculé de 0,1% et 0,2% respectivement. Sur la photo, la mine de charbon Spring Creek près de Decker, Montana.

Redevances minières: pas le pactole promis

Le gouvernement Marois dévoile, jeudi après-midi, sa formule tant attendue sur les redevances minières. Ce ne sera pas le pactole promis en campagne électorale par le Parti québécois (PQ), suggèrent les informations obtenues.
La façon de calculer la facture que doivent acquitter les compagnies pour exploiter des gisements ne permettra pas à l'État de récolter annuellement 400 millions $ supplémentaires - certainement pas avec les prix où se transigent les métaux sur les marchés -, comme l'a d'abord proposé le PQ.
Le gouvernement soutient, par contre, «qu'il faut être réaliste. Le marché est mondial. Mais c'est un beau compromis. On respecte nos engagements. On enrichit les Québécois.» De plus, Québec insistera sur l'incitation à valoriser la deuxième et la troisième transformation du minerai.
Des tractations pour déterminer la nouvelle base de calcul ont lieu depuis quelques semaines entre le ministère des Finances, que dirige Nicolas Marceau, et les entreprises. Des échanges se seraient déroulés jusqu'à mardi, a-t-on indiqué.
Les représentants des compagnies seraient liés par des ententes de confidentialité. Mais le silence qu'ils observent à la veille de l'annonce laisse croire que ce qui sera proposé n'alourdira que marginalement leur fiscalité.
Le test de la réalité
Ces derniers jours, des informateurs ont avancé au Soleil que le gouvernement a dû faire face au test de la réalité. Leur plaidoyer indique qu'une hausse brusque aurait compromis des investissements dans les projets de mines.
Les industriels se sont toujours défendus de faire du chantage en parlant ainsi. «C'est une décision d'affaires», a-t-on répété.
En ce moment, un impôt de 16 % frappe les profits des minières. La nouvelle formule sera hybride, comme l'a toujours soutenu le PQ, la ministre Martine Ouellet (Ressources naturelles) en tête.
D'après les indications recueillies, d'une part, une redevance sera perçue sur le minerai extrait par une compagnie même si elle ne fait pas ses frais. Les aménagements sur le niveau exigé et la façon de s'en acquitter seront connus, en après-midi.
Pour les entreprises affichant une rentabilité, elles seront encore tenues de remettre 16 % des profits. S'ajoutera l'imposition de surprofits, tel qu'évoqué par les engagements du PQ.
En bas de 30 %
Mais des promoteurs du monde minier se sont montrés convaincus que cela n'atteindra pas les 30 %, sauf dans des cas exceptionnels. La façon de calculer le pourcentage des profits exceptionnels a fait partie des discussions avec les minières. Ce serait là que les revenus seront amoindris par rapport aux engagements.
Les membres du gouvernement se sont abstenus de le confirmer. Mais le ministre des Finances a glissé des allusions à cet effet depuis quelque temps à l'Assemblée nationale.
Mercredi, à la période des questions, Nicolas Marceau a continué de critiquer «comme mauvais régime» ce qu'avait établi le gouvernement du libéral Jean Charest. Il lui a reproché de «faire en sorte qu'alors que le prix des métaux a atteint des sommets, on [Québec] se contentait de montants qui étaient trop faibles. Nous allons corriger la situation pour que, dorénavant, lorsque les ressources naturelles sont rentables, elles soient également rentables pour les Québécois.»
Pour les défenseurs des minières, le pronostic de doubler les revenus des redevances s'appuyait sur un contexte de prix qui était à leur plus haut, comme en 2011. L'un d'eux a avancé ne pas s'attendre à une levée de boucliers de l'industrie contre le régime hybride. «Ce n'est pas la formule qui compte. C'est qu'elles payent» à l'État qui leur importe.