Recul du ratio d’endettement des ménages canadiens

OTTAWA — Les revenus des ménages ont crû légèrement plus rapidement que leur dette au deuxième trimestre, ce qui a fait reculer leur ratio d’endettement pour un troisième trimestre consécutif, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Selon l’agence fédérale, la dette des ménages contractée sur le marché du crédit en proportion du revenu disponible a reculé pour s’établir à 177,1 %, en données désaisonnalisées, comparativement à 177,5 % au premier trimestre.

Autrement dit, les Canadiens détenaient 1,77 $ de dette sur le marché du crédit — le crédit à la consommation, les prêts hypothécaires et les prêts non hypothécaires — pour chaque dollar de revenu disponible des ménages.

La Banque du Canada a souligné à plusieurs reprises que l’endettement des ménages était un sujet de préoccupation majeur pour l’économie canadienne.

«Les décideurs trouveront certainement quelque chose de positif dans ces chiffres. Cependant, nous sommes encore loin de pouvoir rayer la dette des ménages de la liste des principales vulnérabilités de l’économie canadienne», a affirmé Robert Hogue, économiste principal à la Banque Royale.

Sur une base désaisonnalisée, le total des emprunts sur le marché du crédit a atteint 23,5 milliards $ au deuxième trimestre, dont 14,8 milliards $ en emprunts hypothécaires. En comparaison, les emprunts avaient totalisé 18,9 milliards $ au trimestre précédent, incluant 13,1 milliards $ en prêts hypothécaires.

Le ratio du service de la dette des ménages, calculé en tant que proportion totale des paiements de principal et des intérêts sur la dette contractée sur les marchés du crédit, rapportée en tant que proportion du revenu disponible des ménages, a légèrement progressé pour atteindre 14,93 % au deuxième trimestre. Il était de 14,87 % au premier trimestre.

Brian DePratto, économiste principal à la Banque TD, a estimé que les données reflétaient la vigueur récente du marché immobilier, soulignant la croissance de la dette hypothécaire.

«Bien que la baisse des coûts d’emprunt ait probablement contribué à la demande de logements, ils ne se sont pas entièrement traduits en coûts de services, qui ont augmenté un peu plus au deuxième trimestre pour battre leur dernier record, établi fin 2007», a précisé M. DePratto.

«Toutefois, cette tendance à la hausse ne devrait pas perdurer beaucoup plus longtemps étant donné les rendements obligataires à cinq ans et les taux hypothécaires, qui sont revenus à leurs niveaux antérieurs ou inférieurs à ceux d’il y a cinq ans.»

La dette contractée sur les marchés du crédit totalisait 2252 milliards $ au deuxième trimestre, dont près de 1469 milliards $ de dettes hypothécaires et 783 milliards $ de crédit à la consommation et de prêts non hypothécaires.