L’entreprise S.Huot recrute déjà des travailleurs à l’étranger. Dans l’ordre, de gauche à droite, Jose Roniel Silva de Almeida, Jonathan Leprince, Johnny Alexander Restrepo Ledasma et Benjamin Sail.

Recrutement international: le temps des récoltes

C’est le début de la saison des récoltes pour les entreprises de la région de Québec qui ont participé à la dernière mission de recrutement virtuelle «mondiale» pilotée par Québec International.

À ce jour, les employeurs sont parvenus à recruter 140 nouveaux travailleurs.

Les 27 entreprises participantes sont cependant encore loin du compte puisqu’elles avaient affiché 571 postes dans le cadre de cette mission de recrutement en ligne.

Dans une communication avec Le Soleil, la direction de Québec International a tenu à préciser que certains employeurs n’ont pas encore confirmé le nombre d’embauches réalisées.
Comme nous l’avions indiqué au début du mois d’août, la mission de recrutement virtuelle «mondiale» a fait un tabac. 

 Pas moins de 9428 personnes différentes provenant de 91 pays ont postulé pour l’un ou l’autre des postes affichés par les entreprises de la région de Québec provenant principalement des secteurs de la fabrication et des technologies de l’information.

Puisque les chercheurs d’emploi pouvaient manifester leur intérêt pour plus d’un poste, c’est pas moins de 30 611 candidatures qui ont été reçues.
Elles provenaient principalement de la Tunisie (37%), du Brésil (18%) et du Maroc (11%).

C’est un total de 1555 convocations pour une entrevue qui ont été acheminées aux candidats.

Des CV par centaines

Alain Gilbert, contrôleur au Centre du camion de Saint-Georges et de Thetford Mines, a épluché 499 CV.

Consultant en ressources humaines auprès de l’entreprise S.Huot de Québec, Éric Boulianne a scruté à la loupe, avec ses collègues, les dossiers de 650 candidats pour les quatre postes de machinistes disponibles.

«À la suite d’un premier tri, nous avons réduit la liste à 300, puis à 60. Nous avons réalisé 22 entrevues par Skype, notamment pour vérifier le niveau de connaissances techniques des candidats. En bout de course, nous avons retenu neuf candidats et nous en embaucherons quatre», décrit M. Boulianne.

Au grand malheur de S.Huot, une entreprise de 110 employés spécialisée dans la fabrication de grosses pièces métalliques pour les secteurs des mines, des ponts et de la forêt, les quatre nouvelles recrues recrutées au Brésil n’arriveront qu’en avril ou mai 2019. C’est le temps qu’il faut pour l’émission des permis de travail.

«Pourtant, c’est tout de suite que nous avons besoin de ces machinistes !», insiste Éric Boulianne. «Que voulez-vous, les règles d’immigration au Canada sont comme ça. Ça devient très frustrant à la longue pour les entreprises.»

Le consultant en ressources humaines raconte que les embûches administratives touchent même l’embauche de travailleurs immigrants qui sont déjà chez nous.

«Il y a un travailleur étranger que j’ai rencontré lors d’une foire d’emploi et qui voudrait venir travailler pour S.Huot, car il est malheureux chez l’employeur qui était allé le chercher dans son pays. Puisque son permis de travail est rattaché à son employeur pour une durée de trois ans, il n’a pas le choix de demeurer à son emploi. Ou bien de quitter le Canada. Moi, si je veux l’embaucher, je dois suivre la même procédure comme si j’allais le recruter dans son pays. Ça peut s’éterniser pendant six mois. Pourtant, le monsieur est déjà ici ! Ça n’a pas de bon sens.»

Un pari à prendre

  Alain Gilbert était à la recherche de quatre mécaniciens. Il a en recruté 12 ! Des Tunisiens pour la plupart.

«Nos besoins se sont accrus en cours de route», explique-t-il en précisant que l’intégration des nouveaux salariés dans l’entreprise qui fait travailler 105 personnes à Saint-Georges et à Thetford Mines sera plus facile s’ils n’arrivent pas seuls dans un nouveau milieu.

«C’est certain que nous prendrons un pari en allant recruter à l’étranger, mais c’est maintenant devenu une nécessité. Des mécaniciens, on en trouve encore sur le marché québécois, mais pas suffisamment. En plus, nos travailleurs vieillissent. La vague de départs à la retraite fait déjà son oeuvre. Est-ce que ces nouveaux travailleurs vont partir à la première occasion ? C’est à nous, avec tous nos collaborateurs, de faire en sorte que l’intégration soit une réussite», affirme Alain Gilbert.

Avec 73 500 postes à pourvoir dans la région métropolitaine de Québec d’ici 2019, Québec Internationale prépare déjà, pour le mois de février 2019, une autre mission «mondiale» de recrutement en ligne. Les inscriptions se termineront le 2 novembre.