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Philippe Mailloux, directeur général de Chaudière-Appalaches Économique
Philippe Mailloux, directeur général de Chaudière-Appalaches Économique

Recrutement à l’international: une migration inespérée en Chaudière-Appalaches

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Initié afin d’offrir aux entreprises de la région Chaudière-Appalaches de la visibilité, un service de représentation et de l’appui dans leur recrutement à l’international, le programme Passerelle a connu un succès inespéré. Non seulement il a permis l’arrivée de 658 travailleurs spécialisés, mais au total, ce sont 1643 personnes qui se sont installées dans la région.

«Des chiffres qui sont au-delà de nos espérances», explique Philippe Mailloux, directeur général de Chaudière-Appalaches Économique. Rappelons que lors de son lancement, le programme espérait attirer 220 travailleurs spécialisés dans Chaudière-Appalaches et un total de 550 nouveaux arrivants lors des trois ans de son existence. Et alors qu’il prévoyait aider 45 entreprises dans leurs démarches de recrutement à l’étranger, il en aura finalement accompagné 156.

M. Mailloux se réjouit du fait que le nombre total de nouveaux arrivants soit plus du double de celui des nouveaux travailleurs. Émigrer dans un nouveau pays étant une décision importante, les dirigeants du programme voulaient avant tout s’assurer que la décision d’un travailleur de venir s’installer dans la région soit un projet de vie, un projet de famille et qu’elle soit animée par l’intention de s’y épanouir. Il a ajouté que le plus grand défi que devaient relever les entreprises ayant recruté des travailleurs étrangers était de retenir cette main-d’œuvre.


« On a toujours insisté dans nos efforts de promotion sur le fait que pour vendre la région, il fallait d’abord vendre le milieu de vie. On devait donc parler de ce qui était offert aux conjoints et aux enfants »
Philippe Mailloux, directeur général de Chaudière-Appalaches Économique


C’est en 2018 que le programme Passerelle de recrutement international a été lancé. Déjà à l’époque, la région de Chaudière-Appalaches affichait un des taux de chômage parmi les plus bas au Québec et les entreprises peinaient à recruter du personnel. La région, ses entreprises et les emplois spécialisés disponibles bénéficiaient alors d’une vitrine en France lors d’événements spéciaux comme les Journées Québec à Paris, mais ceux-ci avaient lieu à des moments précis dans l’année. Et les besoins des entreprises étaient constants. D’où l’importance de trouver une solution.

«C’est ce qui a mené à la création du programme qui se veut une passerelle permanente de recrutement pour les entreprises de la Chaudière-Appalaches en France. À ça, on a greffé quelques évènements de l’offre de service de Québec International. Nous avons embauché une chargée de projets qui était chez Québec International et une chargée de projets qui est liée à la firme Temporis, qui est un réseau de 170 agences de recrutement basées en France.

«Le mandat de cette firme est de recevoir les postes offerts dans les entreprises et de s’assurer d’en faire la promotion dans l’ensemble de son réseau. Temporis reçoit aussi les CV et elle fait la préqualification des candidatures. Les entreprises ne reçoivent donc que les candidatures les plus intéressantes. Tout ça nous a permis de vendre la région de Chaudière-Appalaches à l’étranger.»

Même si l’objectif initial du programme Passerelle était de recruter des travailleurs spécialisés de la France, ses dirigeants ont profité d’opportunités que lui a présentées Québec International pour aller prendre part à des événements en Tunisie et au Maroc. Les entreprises qui y ont participé afin de promouvoir leurs emplois disponibles ont pu compter sur la présence de représentants du programme.

«Les entreprises régionales qui allaient dans des événements à l’étranger avaient nécessairement des questions sur la région, le système scolaire, le système de santé, le prix des logements, etc. Via le programme Passerelle, nous les avons entourées de membres de Chaudière-Appalaches Écononique qui se sont déplacés lors des événements avec la mission de vendre le territoire. Les entreprises vendaient des postes et leur milieu de travail par la suite, elles nous emmenaient les candidats “intéressants” et nous répondions à leurs questions sur la Chaudière-Appalaches.»

M. Mailloux a indiqué que la présence des gens du programme à l’étranger avait même permis de créer un partenariat inattendu entre son organisme et des établissements d’enseignement comme l’UQAR, le Cégep de Thetford Mines, le Cégep de Lévis-Lauzon et la Commission scolaire Beauce-Etchemin.

«Des établissements qui faisaient déjà des démarches de recrutement à l’étranger. Nous nous sommes donc associés à eux pour vendre la région. Nous avons aussi vu à créer des “passerelles” entre ces maisons d’enseignement et les entreprises.»

Plus que du recrutement

Même si à la base, le programme Passerelle est un projet de recrutement international, il ne se limite pas à attirer des travailleurs étrangers afin de combler des besoins de main-d’œuvre. M. Mailloux explique qu’à travers celui-ci, les dirigeants du projet avaient voulu mobiliser les acteurs du milieu comme les gens qui travaillent au niveau de l’intégration des individus, de la francisation, etc. Ils se sont aussi concertés avec les gens du ministère de l’Immigration, les gens d’Emploi-Québec, etc.

«On a voulu nous assurer qu’après cinq heures le soir ou la fin de semaine, les nouveaux arrivants puissent profiter d’une certaine forme de prise en charge du milieu pour les aider à se trouver un logement, leur montrer comment fonctionne la vie au Québec, comment aller à l’épicerie, comment se procurer une carte de guichet, etc.»

Le programme Passerelle de recrutement international devait durer trois ans. Mais parce que l’année 2020 a été un peu particulière, il a été prolongé pour une période maximale d’un an. Il devrait normalement se terminer cet été.

«Actuellement, l’enjeu numéro un de la planification de développement de la Chaudière-Appalaches, c’est la main-d’œuvre. Nous avons déjà eu des discussions avec Québec International afin que le programme soit prolongé. La majeure partie du financement du projet vient du ministère des Affaires municipales et plus particulièrement de la Table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches. On avait profité d’une somme de 600 000 $ pour mener ce projet-là sur trois ans. Il a présentement des discussions pour savoir ce qui pourrait être mis en place pour soutenir nos entreprises et le développement de nos milieux. Mais à l’heure actuelle, nous n’avons pas de confirmation de prolongation de projet ou de la création d’une Passerelle numéro 2.

«Peu importe ce qui arrivera, on s’assurer de garder présente l’image de la région, le projet Passerelle et la vitrine que nous avons via le portail immigrecheznous.ca où on présente les 10 territoires de la Chaudière-Appalaches sur les médias sociaux.»