C’était la première fois que le gouvernement faisait un appel groupé pour trois corps d’emplois différents, ce qui peut aussi expliquer en partie le grand nombre de postulants.

Record de 23 800 candidats pour la fonction publique

Si vous avez postulé pour l’un des 1500 postes à pourvoir dans la fonction publique, ne laissez pas tomber tout de suite votre emploi, car vous n’êtes pas seuls! Près de 24 000 personnes ont répondu à l’appel de candidatures, un nombre record. C’est plus que les 22 000 professionnels actuellement employés par le gouvernement!

«On a reçu plus de 100 % de notre effectif en candidatures. Dans l’histoire du gouvernement du Québec, c’est la plus importante banque de candidatures qu’on vient de recueillir», a commenté Guillaume Demers, le porte-parole du président du Conseil du trésor, Pierre Arcand. Québec ne s’était pas fixé d’objectif, mais c’est au-delà des espérances. 

«On est hyper contents, parce que plus il y a de monde, plus ça nous assure d’avoir les meilleurs candidats et de sélectionner la crème de la crème.»

C’était toutefois la première fois que le gouvernement faisait un appel groupé pour trois corps d’emplois différents, ce qui peut aussi expliquer en partie le grand nombre de postulants.

Québec «n’entrevoit pas» de délais supplémentaires pour traiter les dossiers. «On va mettre les bouchées doubles pour analyser les candidatures», explique M. Demers. 

Comment expliquer un tel engouement? «C’est sûr que les conditions de travail pour la fonction publique sont intéressantes», note le porte-parole, en énumérant notamment les régimes de retraite, les banques de congé et les vacances. Les possibilités d’avancement peuvent aussi attirer les travailleurs. 

«Je pense que ça a à voir également au fait que le ministre a lancé une stratégie des ressources humaines qui est un petit peu différente de ce que l’on voyait à l’époque. On veut promouvoir le télétravail, […] on veut mettre fin aux bureaux gris, les cubicules, offrir comme n’importe quel employeur des aménagements de travail qui sont plus modernes, plus attractifs.»

Alors que le syndicat des professionnels avait fait état de problèmes d’attractivité lors de négociations récentes, force est de constater que le gouvernement attire encore les travailleurs, remarque M. Demers.

Quantité versus qualité

Au Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), le président Richard Perron affirme que «le diable est dans les détails». 

Au-delà de la quantité, il faudra voir la qualité des candidatures reçues. Plusieurs postes restent difficiles à pourvoir puisque «les salaires ne sont pas au rendez-vous», en comparaison à ceux du gouvernement fédéral, des grandes municipalités ou des universités, plaide-t-il.


« On veut mettre fin aux bureaux gris, les cubicules, offrir comme n’importe quel employeur des aménagements de travail qui sont plus modernes, plus attractifs »
Guillaume Demers, porte-parole du président du Conseil du trésor, Pierre Arcand

M. Perron ajoute par ailleurs que les «conditions intéressantes» du gouvernement provincial se dégradent au fil des années.

Québec cherche à pourvoir des postes d’agents de recherche et de planification socio-économique, d’analystes des procédés administratifs et d’attachés d’administration. Ces emplois sont principalement dans les domaines de la gestion de projets, de l’administration et des finances, du développement et de l’évaluation des programmes, de l’économie, des statistiques et de la recherche. 

Processus de sélection

L’admissibilité des 23 792 candidatures est commencée et s’échelonnera jusqu’à la fin septembre, explique M. Demers.

La première séance d’examen est déjà planifiée pour le 15 septembre à Québec (Centre de foires), à Montréal et dans les régions administratives du Québec. Entre 10 000 et 12 000 candidats sont prévus.

La deuxième séance d’examen est aussi planifiée le 13 octobre à Québec et à Montréal. Au besoin, des séances seront organisées dans les régions de la province.

Les premiers candidats devraient être versés dans les banques de personnes qualifiées au cours des deux premières semaines du mois d’octobre 2018. Les ministères vont ensuite y piger pour trouver leurs employés.

La fonction publique québécoise est le plus gros employeur au Québec, avec plus de 61 000 salariés. Quelque 15 000 postes réguliers devront être pourvus d’ici cinq ans.