De gauche à droite, le ministre Jacques Daoust, le pdg du CRIQ, Denis Hardy, et le député de Vanier-Les Rivières, Patrick Huot.

Recherche: le ministre Daoust veut des résultats

«On fait de la recherche pour faire de la recherche qui n'aboutit pas.» Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, ne lance pas la pierre aux universitaires qui font de la recherche fondamentale. «Il y aura toujours de la place pour la recherche fondamentale», insiste-t-il.
Par contre, lorsqu'il met son chapeau de ministre responsable de l'Innovation, Jacques Daoust veut des résultats. 
«Il faut que la recherche aboutisse à quelque chose et ce que ça soit rentable pour le Québec», a affirmé M. Daoust qui était présent, mardi, à une annonce faite par le CRIQ qui vient de faire l'acquisition d'un équipement d'impression 3D pour la production de pièces métalliques - un investissement de 670 000 $US - qui sera mis à la disposition des PME pour les aider à accroître leur productivité.
Trop souvent, la recherche accouche de produits ou de procédés qui ne pourront jamais être commercialisés, faute d'argent. «On appelle ça la vallée de la mort», précise l'ancien banquier. «Les Américains réalisent moins d'investissements en recherche, mais ils réussissent à commercialiser les résultats de leur recherche.»
Est-ce à dire qu'il y a aura moins de fonds publics pour la recherche et plus pour amener les découvertes québécoises sur les marchés mondiaux? «Il va falloir penser à un rééquilibrage.»
Par ailleurs, ce dernier a indiqué que l'Institut national d'optique qui doit se débrouiller, cette année, avec 1,4 million $ de moins dans ses coffres en raison des coupes imposées par le gouvernement pourrait voir son financement rétabli une fois que les deux comités mis sur pied pour faire une révision des programmes et de la fiscalité auront livré le fruit de leur réflexion.
«Nous savons que, cette année, ça fait mal. Pour les années qui viennent, il y a des choses qu'il va falloir réajuster», a-t-il indiqué en signalant que les coupes paramétriques imposées à tous dans le dernier budget étaient inévitables «si nous ne voulions pas nous retrouver avec un déficit de 5 milliards $ sur les bras.» Il s'établira plutôt à 2,3 milliards $ en 2014-2015.
«Il est important que nous rétablissions l'équilibre budgétaire. Après ça, nous ferons des choix. Il pourrait y avoir des coupes à certains endroits. Il pourrait y avoir de la réattribution de sommes ailleurs.»
Pour le ministre, l'investissement du CRIQ permettra aux PME de s'engager sur la voie de la modernisation de leurs méthodes de fabrication.
La technologie 3D
L'utilisation de la technologie 3D est en train de révolutionner les façons de faire dans les entreprises manufacturières. 
«D'ici 20 ans, plus de la moitié des produits dans l'industrie de l'aéronautique contiendront des pièces fabriquées à partir d'un équipement en impression 3D», a signalé le pdg du CRIQ, Denis Hardy.
Le coût d'un tel appareil est élevé pour une PME. Aux alentours de 1,3 million $US. Puisqu'il est un organisme gouvernemental, le CRIQ a pu l'avoir à un bon prix du fabricant.
Les PME pourront aller cogner à la porte du CRIQ pour tester - et éventuellement s'approprier - cette nouvelle technologie qui permet, selon M. Hardy, «de produire à peu de coûts des pièces complexes qui étaient impossibles à produire jusqu'à maintenant».
Le CRIQ assurera également la coordination du nouveau Réseau Québec-3D qui réunira tous les joueurs - publics et privés - pour mousser l'utilisation de la technologie de l'impression en trois dimensions.