Olivier C. Pageau, Pierre Domingue, Julie Moffet et Édith Chabot proposent un projet d'agriculture urbaine sur le site de l'ancien jardin zoologique fermé en 2006.

Recherché : locataire avec les reins solides pour les terrains de l'ancien zoo

Le ou les futurs locataires des terrains de l'ancien zoo de Québec à Charlesbourg devront avoir les reins solides pour réaliser un projet conforme aux attentes de la Société des établissements de plein air (SEPAQ), qui présente le développement du site «empreint de magie» comme une «belle opportunité d'affaires».
L'appel de proposition du 19 juin dernier dévoile les critères définis par l'organisme pour les promoteurs aguerris et ayant les capacités financières pour soumettre un projet afin d'occuper les terrains d'un peu plus de 160 000 mètres carrés de l'ancien jardin zoologique, fermé en 2006.
D'entrée de jeu, la SEPAQ précise que le projet devra être à dominance récréotouristique, être viable financièrement et s'intégrer à l'environnement immédiat du site. Les candidats devront démontrer qu'ils ont l'expérience requise ainsi que la capacité financière pour être sélectionnés. «Il y a beaucoup de gens qui ont de bonnes idées», fait valoir la porte-parole Lucie Boulianne, qui ajoute que ce n'est cependant pas tout le monde qui a les reins suffisamment solides pour présenter quelque chose de porteur à long terme pour la région.
La location d'une parcelle de terrain est établie à 0,92 $ par mètre carré, ce qui correspond à 8,5 % de la valeur du dernier rôle d'évaluation. S'il souhaite occuper le coeur du site, le promoteur devra débourser un peu moins de 150 000 $ par année ou 12 500 $ mensuellement. Pour les infrastructures et les bâtiments utilisés, le loyer revient à 2 % de la valeur du rôle. Par exemple, la serre indo-australienne pourra être animée en échange d'un peu plus de 40 000 $ par année, ou 3300 $ par mois.
Impossible de savoir quelle est la différence par rapport au montant payé par l'organisation de l'Hôtel de glace, qui est installé sur une partie de l'ancien zoo depuis maintenant quatre ans. Son directeur, Jacques Debois, admet que le prix n'est pas le même, mais refuse d'indiquer s'il lui en coûtera plus ou moins cher si la SEPAQ lui permet toujours de conserver son infrastructure glacée à cet endroit.
Puisque, sans surprise, M. Debois compte être parmi les candidats en lice pour refaire vivre l'espace de l'ancien zoo. À l'année? «Dans un premier temps, on va évaluer quel est l'impact des balises pour les opérations actuelles», fait valoir le directeur. Il ne cache pas que la perspective d'un bail à très long terme permet d'envisager un projet qui s'ajouterait à l'Hôtel de glace. «Ça donne plus de possibilités, ça ouvre plus de portes», explique celui qui a déjà soumis il y a quelques années l'idée d'un parc ouvert quatre saisons où l'eau et la biodiversité seraient mises en valeur.
Si cette vision n'est pas morte, elle n'est pas non plus «la bible sur laquelle je fais des génuflexions tous les jours», précise Jacques Debois. «Toutes les possibilités sont ouvertes», renchérit-il, expliquant qu'il dispose d'encore beaucoup de temps pour ficeler un concept.
La date limite de réception des propositions est fixée au 3 octobre. Les candidatures retenues dans cette première sélection, et annoncées le 7 novembre, devront fournir plus de détails sur leur projet d'ici le 19 juin 2015.
De son côté, la Ville de Québec n'a pas l'intention de présenter un projet, a indiqué l'attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin.
Projet d'agriculture urbaine écarté
Lorsqu'en octobre dernier l'ancien gouvernement a annoncé l'appel de proposition pour les terrains de l'ancien jardin zoologique, un petit groupe de citoyens a tout de suite imagé que l'endroit serait tout indiqué pour faire place à de l'agriculture urbaine.
Le projet imaginé n'occuperait que deux à trois hectares et permettrait la production de 50 à 60 variétés de légumes, de germes et de petits fruits. Ceux-ci seraient cultivés afin de maximiser l'espace disponible, selon le principe de culture dite «bio-intensive». Autre particularité : l'utilisation d'une serre froide permettant d'obtenir des produits frais neuf mois par année.
Le groupe a rapidement déchanté en lisant l'appel d'offres qui ne fait pas place à une initiative comme la leur, explique Julie Moffet, qui est à l'origine du projet auquel s'est rapidement greffé Édith Chabot, Pierre Domingue et Olivier C. Pageau, tous des citoyens engagés auprès du Réseau d'agriculture urbaine. Mais l'idée est loin d'être morte et d'autres options de terrains, ou même une union avec un promoteur pour le site de l'ancien zoo, sont recherchées, en plus d'autres citoyens intéressés à se joindre à eux.