Raymond Bachand

Raymond Bachand devient conseiller du Québec pour l'ALENA

L'ex-ministre des Finances Raymond Bachand a été nommé conseiller spécial pour le gouvernement du Québec en vue d'une éventuelle renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), lors de laquelle les enjeux de la gestion de l'offre et les ententes de mobilité entre le Canada et les États-Unis pourraient être soulevés.
La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, a annoncé la nomination de M. Bachand lors d'une conférence de presse à Montréal, dimanche matin, en compagnie de plusieurs représentants du secteur des affaires, dont le président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Stéphane Forget, et le président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Éric Tétrault.
Mme Anglade a souligné l'importance de «passer à l'offensive» pour que les intérêts du Québec, notamment sur la gestion de l'offre et la mobilité entre les deux pays, soient défendus.
«Il est clair que pour nous, le système de gestion de l'offre va demeurer un acquis, et on veut que ce soit très clair, tant d'un point de vue américain que d'un point de vue du reste du Canada», a affirmé la ministre, qui n'a pas voulu aller plus loin pour ne pas «négocier sur la place publique».
M. Bachand, qui était aussi à l'événement, aura pour mission de préparer et d'accompagner les entreprises québécoises dans cette éventualité. Le président des États-Unis, Donald Trump, a dit qu'il souhaitait renégocier l'entente de libre-échange et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s'est dit prêt à élaborer un nouvel accord.
«Il faut se préparer, mais aussi se rappeler que le président Trump est un homme d'affaires et que le libre-échange Canada-États-Unis bénéficie à toutes les entreprises américaines et canadiennes», a-t-il expliqué.
Nomination bien accueillie
Les représentants du milieu des affaires présents à la conférence de presse ont bien accueilli la nomination de Raymond Bachand et ont salué les démarches du gouvernement du Québec pour son rôle actif depuis l'élection du nouveau président républicain.
«Monter les réseaux, savoir qui connaît qui, c'est très stratégique. Et j'ai l'impression que dans le reste du Canada, on va s'inspirer de ce qui se passe au Québec», a affirmé Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Mme Anglade a souligné que le gouvernement du Québec «sera extrêmement présent» aux États-Unis dans les prochaines semaines et les prochains mois.
Raymond Bachand, qui est conseiller stratégique chez Norton Rose, ne recevra pas plus que 95 000 $ pour son mandat, a indiqué Mme Anglade. Son cachet sera versé directement à son employeur.
«Moi, je ne fais pas un sou de plus dans ma vie», a-t-il affirmé.
M. Bachand, qui est inscrit au registre des lobbyistes, a assuré qu'il avait mis fin à plusieurs contrats terminés et le seul qu'il lui reste, dans le secteur de la culture, devrait être complété dans les prochaines semaines.
L'ex-ministre, qui préside maintenant l'Institut du Québec, a quitté la politique en 2013, après avoir échoué dans sa tentative de devenir chef du Parti libéral du Québec. Philippe Couillard avait alors remporté la course à la succession de Jean Charest.
Raymond Bachand a également été président-directeur général du Fonds de solidarité de la FTQ pendant quatre ans, à la fin des années 1990.