Le maire de Tadoussac, Hugues Tremblay, et le chef de la Première Nation des Innus Essipit, Martin Dufour, ont paraphé un protocole de respect mutuel et de partenariat.

Rapprochement unique entre Innus et Tadoussac

Plus de 400 ans après la signature de la Grande Alliance de 1603 entre Samuel de Champlain et le grand chef Anadabijou, Blancs et Innus y vont d'un autre rapprochement à Tadoussac, qualifié lui aussi d'unique. La communauté innue d'Essipit et la municipalité de Tadoussac ont signé un protocole «de respect mutuel et de partenariat», qui devrait conduire à l'élaboration de projets communs.
En fonction de ces différents projets, les deux parties discuteront de la répartition des coûts, des investissements et des bénéfices obtenus. Les deux parties s'entendent également à favoriser l'octroi de contrats à des entreprises de la Haute-Côte-Nord, en priorité.
«On a beaucoup de projets en commun à développer, mais c'est encore préliminaire. On va analyser conjointement ce qu'on pourrait faire ensemble», a lancé le chef de la Première Nation des Innus Essipit, Martin Dufour, qui voit toutefois un premier projet poindre à l'horizon, soit la mise en valeur du site devant la Petite chapelle de Tadoussac, la plus ancienne construction religieuse en bois au Canada, «afin de faire valoir la rencontre entre les Européens et les Innus», a-t-il ajouté.
«Ça faisait longtemps qu'on voulait se rapprocher d'Essipit, mais le contexte n'était pas toujours le bon», rappelle pour sa part Hugues Tremblay, maire de Tadoussac. «Notre histoire est liée ici, car la nation autochtone occupe ce territoire depuis longtemps. Il fallait qu'ils reviennent dans le berceau de l'Amérique française.»
Évidemment, en lien direct avec la vocation de Tadoussac et l'expertise développée par les Innus d'Essipit, le tourisme «constitue une voie privilégiée de collaboration entre les deux communautés», d'enchaîner le chef Dufour.
Essipit en est à une troisième entente du genre dans la région. La première a été signée avec la MRC de La Haute-Côte-Nord en 2009. L'année suivante, la communauté innue, qui compte moins de 300 résidents mais de solides moyens financiers, s'était aussi entendue avec la municipalité des Bergeronnes.