Actuellement, la part de Vidéotron dans le marché québécois du sans-fil oscille aux alentours de 17%, comparativement à près de 30% pour BCE.

Québecor mise sur Fizz et Helix

MONTRÉAL - Alors que la performance fléchit au sein de la division médiatique, Québecor mise sur de nouveaux produits dans le sans-fil et la télédiffusion afin d’alimenter la croissance de Vidéotron - la locomotive du conglomérat.

En s’apprêtant à déployer Fizz, un fournisseur de téléphonie cellulaire et internet à bas prix, ainsi que Helix, une nouvelle plateforme de télévision connectée à internet, l’entreprise, qui dévoilait jeudi ses résultats du troisième trimestre, a expliqué qu’elle ambitionnait d’accroître son nombre de clients.

Le nouveau fournisseur de forfaits de téléphonie mobile de Québecor vise à concurrencer, par exemple, des marques comme Koodo, propriété de Telus, ainsi que d’autres services similaires des autres géants.

Vidéotron, qui estime être en mesure d’avoir une part de marché oscillant entre 20 et 25% de l’activation des nouvelles lignes, estime que Fizz - qui finira aussi par être un fournisseur internet - peut lui permettre d’ajouter une tranche de 10%, a estimé sa présidente et chef de la direction, Manon Brouillette.

Actuellement, la part de Vidéotron dans le marché québécois du sans-fil oscille aux alentours de 17%, comparativement à près de 30% pour BCE.

À moins de deux mois de son départ, Mme Brouillette a voulu rassurer les analystes, qui ont demandé si Vidéotron pourrait se cannibaliser auprès de ses clients actuels en provoquant une baisse du revenu moyen par utilisateur en raison de l’arrivée de Fizz.

«Nous n’allons pas cibler les mêmes clients, a-t-elle affirmé. Nous croyons pouvoir être en mesure d’avoir du succès dans les deux segments. Notre défi consiste à rivaliser avec les autres géants ainsi que leurs filiales.»

Vidéotron dit être en mesure de réduire ses coûts avec Fizz puisqu’il s’agit d’un libre-service où les ventes s’effectuent uniquement en ligne plutôt que dans les magasins physiques. En plus de forfaits à bas prix, le nouveau service du conglomérat permet à ses utilisateurs de transférer des données sans fil inutilisées au mois suivant.

«Nous pourrons générer des marges significatives grâce à cette plateforme», a estimé la dirigeante de la filiale de Québecor.

En ce qui a trait au troisième trimestre qui s’est terminé le 30 septembre, Vidéotron a ajouté 41 500 clients dans le secteur de la téléphonie mobile, ce qui contribué à faire passer son nombre d’abonnés à plus de 1,12 million.

«Québecor a le potentiel d’accroître ses parts de marché au Québec et nous croyons qu’il y a d’intéressantes perspectives de croissance pour les prochaines années», a estimé l’analyste Maher Yaghi, de Desjardins Marché des capitaux, dans une note.

La division des médias: ça baisse

Au troisième trimestre, Québecor a vu son bénéfice net progresser de 5%, à 186,7 millions $, ou 80 cents par action, alors que les revenus ont grimpé de 1,7%, à près de 1,06 milliard $.

En excluant les éléments non récurrents, le profit ajusté du conglomérat a été de 142 millions $, ou 61 cents par action, en hausse d’environ 40%.

Cette performance a dépassé les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters Eikon, qui tablaient sur un bénéfice ajusté par action de 61 cents et sur un chiffre d’affaires de 1,01 milliard $.

Le secteur des télécommunications a généré des recettes de 860 millions $, en hausse de 3,6%, alors que son bénéfice d’exploitation ajusté a été de 426 millions $, en hausse de 9,1%.

Le portrait a toutefois été moins rose du côté de la division des médias, qui regroupe les activités de diffusion et des publications imprimées, où les recettes ont fléchi de 8,5%, à 171 millions $. Les bénéfices ont été de 30 millions $, en baisse de 17,1%.

À la Bourse de Toronto, l’action de Québecor a clôturé à 27,23 $, en hausse de 65 cents, ou 2,45%