Québec vend l'aréna de Loretteville au groupe de Simon Gagné

Un groupe de promoteurs dont fait partie l'ex-joueur de la Ligue nationale de hockey Simon Gagné achète l'aréna de Loretteville 1,74 million $ à la Ville de Québec. Le groupe investira 8 millions $ en rénovations majeures. En contrepartie, la Ville réservera 1640 heures de glace par an à 350 $ l'heure pour les 10 prochaines années.
Ancienne vedette des Flyers de Philadelphie et des Kings de Los Angeles, Simon Gagné s'associe ainsi aux promoteurs Éric Alarie et aux frères Jean-François et Samuel Groleau à qui on doit le complexe Les 3 glaces. Inauguré il y a trois ans dans le secteur Vanier, ce premier aréna privé dans la région a représenté un investissement de 15 millions $.
En conférence de presse avec le maire Régis Labeaume et la députée libérale Véronyque Tremblay, le jeune retraité a dit «réaliser un rêve».
Façade et lumière
L'actuel Pavillon des sports situé au 86, boulevard des Étudiants deviendra ainsi le Colisée de Loretteville, dans un clin d'oeil au vieux Colisée de Québec, a expliqué Éric Alarie.
Les maquettes du futur bâtiment dévoilées mercredi montrent l'ajout d'une devanture vitrée et une terrasse donnant sur un stationnement. Le nom de l'édifice écrit dans une structure en forme d'arche rappelle en effet le Colisée Pepsi.
Il ne s'agira pas d'une construction à neuf, mais d'une rénovation en profondeur à partir de la structure existante. Le groupe Groleau prendra possession de l'édifice dès avril et a bon espoir de rénover pendant l'été pour une ouverture à temps pour la saison 2016.
«On fait peau neuve, mais on garde la structure, la coquille de l'aréna qui est en place», a expliqué M. Alarie. Les promoteurs promettent une meilleure lumière, une qualité de glace et plus de confort dans les vestiaires. 
«L'aréna avait beaucoup besoin d'amour, alors on va être gagnant-gagnant avec cette transaction», a renchéri le conseiller municipal Raymond Dion à propos de ce projet attendu par les citoyens de son district de Loretteville-Les Châtels.
Pour le maire Régis Labeaume, l'entente avec le privé est avantageuse. Selon lui, le coût «baisse de moitié» par heure de glace au privé, à qui la Ville versera tout de même 574 000 $ par année. 
M. Labeaume a aussi insisté pour dire que «rien ne changera» pour les jeunes qui fréquenteront l'aréna rénové tant pour le hockey que pour le patin artistique.
La «cerise sur le sundae» pour Simon Gagné
<p>Éric Alarie et Simon Gagné</p>
Simon Gagné a souvent refusé des propositions pour investir dans un aréna. Cette fois-ci, il a trouvé les bons partenaires. «Mais je voulais trouver le bon projet, le bon groupe», a dit celui qui a pris en septembre sa retraite de la Ligue nationale après 14 saisons. «J'ai beaucoup de confiance en ce groupe-là», a-t-il dit à propos des frères Samuel et Jean-François Groleau.
À 35 ans, celui qui a entre autres porté les couleurs des Remparts et des Flyers a dit réaliser un rêve avec la rénovation du Pavillon des sports de Loretteville. «Je suis très content. Pour un petit gars qui a joué au hockey, avoir son aréna ça fait spécial, c'est comme la cerise sur le sundae», a illustré celui qui a remporté la Coupe Stanley avec les Kings de Los Angeles en 2012.
«Notre but est que des gens viennent à l'aréna, les enfants, les adultes, qu'ils tripent et aient une belle expérience», a-t-il poursuivi. Déjà, Simon Gagné évoque l'idée de marquer l'ouverture du Colisée de Loretteville avec une activité spéciale, genre de «semaine de hockey» pendant laquelle il sauterait sur la glace avec des jeunes hockeyeurs du secteur.
«Un modèle à suivre», dit un Paul Shoiry ravi
La rénovation du Pavillon des sports de Loretteville s'est attiré les fleurs de l'opposition. Une rare unanimité à l'hôtel de ville. «C'est un beau projet», a lancé le chef de l'opposition, Paul Shoiry. «C'est exactement ce qu'on a dit quand on a eu le débat sur les fermetures des arénas de Loretteville et Jacques-Côté [de Sillery], a-t-il noté. Bravo, on est très contents et on pense que c'est un modèle à suivre. On doit féliciter l'initiative. La Ville est gagnante, les entrepreneurs sont gagnants et, surtout, les utilisateurs sont gagnants. Ils vont conserver leur équipement», s'est-il réjoui. 
M. Shoiry y voit aussi la preuve qu'il y aurait moyen de rénover l'aréna Jacques-Côté de Sillery, condamné à la démolition par l'administration Labeaume. «C'est réaliste, c'est réalisable et c'est un équipement de proximité qui peut servir à tout le monde», a dit ce fervent défenseur de la survie de l'aréna Jacques-Côté.