Québec veut resserrer les règles pour les sites de revente de billets dans un projet de loi ce printemps.

Québec s’inspire en Europe pour dompter la revente de billets

Québec jongle avec différents scénarios pour dompter la revente de billets de spectacle en ligne, allant de l’interdiction complète à l’imposition d’un prix plafond. Et le gouvernement est allé s’inspirer en Europe pour voir comment certains pays gèrent ce problème mondial.

«Il faut protéger le droit de nos consommateurs, mais aussi des producteurs de spectacles, faire en sorte qu’il n’y ait pas un intermédiaire qui vienne s’ajouter par-dessus, qui vendent les billets à des prix indus […] et qui va faire du profit de 200-300-500 %», a commenté la ministre Lise Thériault, responsable de la Protection des consommateurs et de l’Habitation. Certains sites utilisent des systèmes robotisés pour acheter de grands lots de billets, qu’ils revendent ensuite à prix fort.

«On est à se demander si on va aller du côté d’une interdiction complète ou d’une permission [de revendre], avec un certain pourcentage. C’est un peu normal aussi que si vous achetez une paire de billets et [...] que vous ne pouvez pas y aller, vous voulez bien la revendre», fait valoir Mme Thériault.

La ministre a effectué une mission de quelques jours la semaine dernière, qui l’a menée en Grande-Bretagne, en Belgique et en Suisse. Elle avait déjà annoncé vouloir présenter au printemps un projet de loi omnibus qui s’attaquera à cette question, mais aussi à d’autres dossiers qui touchent la protection du consommateur, comme la sollicitation des cartes de crédit sur les campus des étudiants et la vente à temps partagé (time sharing).

En Europe, la ministre dit avoir vu différents modèles. Elle donne l’exemple d’un festival en Suisse qui étale la vente des billets sur plusieurs jours, pour donner la chance à plus de particuliers de mettre la main sur les entrées. Avoir des billets identifiés à l’acheteur et où on contrôle l’identité de façon aléatoire est une autre façon d’éviter l’achat massif de billets par des sites de revente.

L’Ontario

Certains endroits interdisent complètement la revente, note la ministre. D’autres la permettent, mais limitent les prix. C’est ce que fera l’Ontario, à partir du 1er juillet. Le prix des billets de spectacles et d’événements sportifs devra inclure tous les frais et taxes. Le montant demandé ne pourra par ailleurs pas dépasser de plus de 50 % la valeur originale du billet.