Vice-présidente à la croissance des entreprises et à la prospection des investissements étrangers chez Québec International, Line Lagacé explique que le succès d'une mission de recrutement passe par l'établissement d'un partenariat serré avec les ressources du milieu.

Québec International recrute à Montréal

Si ça marche pour Paris et pour Bruxelles, pourquoi ça ne marcherait pas pour Montréal?
Voilà le pari lancé par Québec International et une douzaine d'entreprises de la région qui participent, aujourd'hui, à une mission de recrutement dans la métropole.
Pour l'occasion, 220 postes seront à pourvoir dans les secteurs des technologies de l'information, de la fabrication, de l'ingénierie, des soins de santé, de la restauration, de la comptabilité et de la gestion.
Principalement des postes n'exigeant pas un niveau de qualification élevé.
Du millier de candidatures reçues, les entreprises ont en retenu 200. 
Les personnes présélectionnées rencontreront les représentants des entreprises de Québec tout au long de la journée pour des entrevues. 
Et qui sait, il pourrait y avoir des coups de foudre?
Régulièrement, les employeurs des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches se déplacent individuellement en direction de Montréal dans l'espoir d'y trouver des perles rares. Ils participent à des salons d'emplois. Ils vont vendre leur salade aux finissants des collèges et des universités.
À Québec, avec un taux de chômage de 4,7 % chez les 25 à 54 ans, c'est pratiquement devenu une mission impossible de dénicher des bras et des cerveaux.
À l'autre bout de l'autoroute Jean-Lesage, par contre, il y a de l'espoir.
Le taux de chômage affiche 8,4 %. 
Il est de 11,1 % du côté des immigrants. C'est justement auprès de cette clientèle que les efforts de Québec International et des 12 entreprises ont porté ces derniers mois.
Promouvoir les emplois à Québec
Concrètement, l'organisme de développement économique a eu recours à la même dynamique pour cette mission de recrutement à Montréal que celle utilisée lors de ses périples à l'étranger et qui a porté ses fruits.
Depuis 2008, les missions de recrutement en Europe et en Amérique latine ont permis à la grande région de Québec de s'enrichir de 1560 travailleurs qualifiés. Des travailleurs qui s'installent avec leur famille - on dénombre 4056 nouveaux arrivants - et qui prennent racine. En effet, le taux de rétention des nouveaux travailleurs est de 90 %.
Vice-présidente à la croissance des entreprises et à la prospection des investissements étrangers chez Québec International, Line Lagacé explique que le succès d'une mission de recrutement passe par l'établissement d'un partenariat serré avec les ressources du milieu. «Si nous ne sommes pas capables de rejoindre les chercheurs d'emploi sur le territoire, c'est simple, nous n'aurons pas l'ombre d'une seule candidature.»
Dans le cas présent, Québec International et les employeurs de la région travaillent de concert avec la direction régionale de Montréal d'Emploi-Québec, la Chambre de commerce du Mont­réal métropolitain, les organismes d'aide et de soutien à l'emploi pour les immigrants de Montréal et Québec et les centres de formation professionnelle pour promouvoir les emplois à Québec.
«Les candidats rencontrés par les employeurs ont déjà amorcé une réflexion au sujet d'un éventuel déménagement dans la capitale. À partir de là, c'est à nous de leur vendre Québec et de les accompagner dans la poursuite de leur cheminement.»
Line Lagacé reconnaît qu'il n'est pas évident de déraciner un immigrant - même s'il est sans emploi - qui a déjà quitté son pays d'origine pour établir ses pénates à Montréal. Son seul point d'ancrage demeure son réseau de proximité. Pas facile de le convaincre de refaire ses valises.
Considérée comme un projet pilote, la mission de recrutement en sol montréalais permettra de vérifier si la capitale peut être attractive sur le marché montréalais de l'emploi.
«Avec les entreprises, nous avons décidé de ne pas mettre la barre trop haute, de ne pas nous fixer des attentes trop élevées», indique Mme Lagacé, qui demeure cependant optimiste quant au succès de l'opération de séduction à Montréal.
Fusillade à la Grande Mosquée
Est-ce que la fusillade survenue à la Grande Mosquée de Québec risque d'effrayer des chercheurs d'emploi?
«Depuis les événements, nous avons communiqué avec tous les candidats pour nous assurer qu'ils seront présents à l'heure prévue pour les entrevues. Nous n'avons reçu aucun commentaire au sujet de la fusillade», répond Line Lagacé. 
«Nous avons demandé aux employeurs d'être à l'écoute des craintes ou des interrogations que pourraient avoir des candidats et de rappeler, s'il faut, que ce qui s'est passé à la Grande Mosquée ne nous définit nullement. Toutes les communautés ont leur place à Québec.»