Québec et l'UL s'allient pour le virage numérique des fonctionnaires

Alors que de nombreux emplois de la fonction publique sont appelés à être transformés par le numérique, notamment pour offrir plus de services en ligne à la population, Québec investit 6 millions $ pour mettre sur pied avec l’Université Laval une académie qui analysera cette révolution et formera les fonctionnaires.

«L’État québécois a clairement saisi l’ampleur de la révolution numérique et souhaite être un précurseur en la matière en tant qu’employeur», a fait valoir Pierre Arcand, le ministre responsable de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor. Québec cherche donc à voir venir les changements pour ses emplois actuels et veut s’assurer que ses employés seront bien formés pour faire face à ces nouveaux défis. 

Une chaire de recherche sera créée pour analyser les répercussions et «anticiper les besoins et les compétences à développer», a expliqué le ministre Arcand. L’Académie des transformations numériques offrira aussi des formations aux fonctionnaires. Elles seront disponibles dès l’automne en ligne ou en personne, selon les besoins, a précisé la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amour. On promet une grande flexibilité. Toutes les facultés seront mises à contribution, puisque tous les secteurs sont touchés par le virage numérique, a noté Mme D’Amour. L’université regroupe 118 chercheurs et 32 centres de recherche s’intéressant à ce créneau.

«Entre 50 et 60 % des emplois vont être profondément transformés par l’arrivée massive des technologies comme l’intelligence artificielle, le traitement des données massives, l’impression 3D», a énuméré Mme D’Amour. «L’Académie sera un partenaire de choix pour tous ceux et celles qui souhaitent se préparer à ces transformations, inventer les métiers de demain.»

La fonction publique doit s’adapter à la réalité de «ses clients», les contribuables québécois, a aussi dit le ministre Arcand. «Une majorité de la population transige avec leur portable, leur tablette et le gouvernement doit être en mesure de faciliter la vie des citoyens», a-t-il aussi souligné. Il a entre autres parlé du projet Accès UniQc, une sorte de «carte de guichet» qui donnera accès plus facilement à de nombreux services en ligne.

En plus de servir la fonction publique, l’Académie pourra aussi aider les employeurs privés et autres organisations, a précisé la rectrice Sophie D’Amour, en indiquant qu’elle souhaite qu’elle devienne «un puissant levier de développement social et économique». L’Université compte faire des partenariats avec d’autres institutions d’enseignement (collégial et universitaire). Le ministre Arcand a aussi souhaité que des joueurs privés se joignent à l’institut. «L’investissement de 6 millions $ annoncé aujourd’hui permet donc de jeter le premier jalon de ce projet porteur d’une valeur totale anticipée de 17 millions $ sur cinq ans», a détaillé la rectrice. «Nous avons des discussions bien avancées avec quelques entreprises», a aussi précisé l’université.

Cette annonce s’inscrit dans la Stratégie pour une administration publique numérique, dévoilée en mai, dotée d’une enveloppe d’environ 215 millions $.

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9000 CANDIDATURES REÇUES

Les chiffres feront mentir «ceux qui disent que la fonction publique n’est pas attrayante», estime le président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand. Alors que Québec a lancé un appel de candidature jeudi, pour pourvoir 1500 postes, 9000 demandes d’application ont été reçues, a précisé M. Arcand. On recherche des travailleurs dans les domaines de la gestion de projets, de l’administration et des finances, du développement et de l’évaluation des programmes, de l’économie, des statistiques et de la recherche. La fonction publique est le plus grand employeur au Québec, avec plus de 61 000 employés. Quelque 15 000 postes réguliers devront être comblés d’ici cinq ans, a dit le ministre Arcand.