L’organisme Monnaie locale complémentaire prévoit offrir des billets de cinq, dix et vingt BLÉS.

Québec aura sa propre monnaie: le BLÉ !

Dès le mois de juin, la ville de Québec aura sa propre monnaie. Une initiative de l’organisme Monnaie locale complémentaire (MLC) afin d’encourager les commerçants locaux. L’un des responsables chez MLC Québec, Pierre-Alexandre Caron, fait le point avec Le Soleil sur ce projet-pilote.

Quels seront les avantages d’avoir une monnaie locale, complémentaire à la monnaie officielle?

C’est très intéressant pour un commerçant. Lorsqu’un consommateur achètera des BLÉ [billet local d’échange], en échange de dollars canadiens, il deviendra dépendant d’un certain réseau. Il devra dépenser cet argent dans les commerces ou les institutions partenaires de ce réseau. Contrairement à un fournisseur ou à un propriétaire d’entreprise, le consommateur ne pourra pas échanger son BLÉ contre de l’argent canadien.

Combien coûtera un BLÉ?

Le citoyen devra débourser un dollar canadien pour acheter un BLÉ.

Quelles seront les limites géographiques?

R Il n’y aura pas de limites. On pense qu’elles vont se faire de manière naturelle. C’est certain que nos bénévoles sont actuellement plus concentrés à développer les marchés dans les quartiers centraux de la ville, mais on veut qu’un producteur de l’extérieur, comme de Lotbinière ou de Portneuf, puisse également être payé en BLÉ, s’il le souhaite. [...] Cette première étape est un projet-pilote. On veut voir ce dont nous avons besoin comme ressources pour satisfaire l’ensemble des commerçants impliqués.

Q Vous prévoyez mettre en circulation 500 billets. La valeur du lot sera de 10 500 $. Qui seront les utilisateurs?

R Des commerçants et des citoyens. Nous avons quatre commerces de signés, soit la coopérative Courant alternatif, l’organisme Craque-Bitume, la microbrasserie le Griendel et une quincaillerie. Jusqu’à présent, une quinzaine d’entreprises ont démontré de l’intérêt. On parle de commerçants situés dans Saint-Roch, Saint-Sauveur, Limoilou et Saint-Jean-Baptiste. On veut un réseau fort et structuré. Nous sommes toujours dans une démarche de recrutement.

Q Comment s’assure-t-on qu’il n’y aura pas de contrefaçon?  

R Nous avons différents paramètres de sécurité. Le billet ne sera pas facile à copier. Son design est appelé à évoluer. Il y aura des coupures de cinq, dix et vingt BLÉS. Nous avons aussi un sceau particulier à l’organisme Monnaie locale. Nous allons gaufrer chacun des billets.  Il est important de mentionner qu’avec tous les responsables de monnaies du même genre avec qui nous avons discuté, aucun n’a été victime d’une fraude.

Q Où sera déposé l’argent pour l’achat des BLÉS?

R Les montants seront déposés dans notre compte réserve à la Caisse d’économie solidaire Desjardins. Cette dernière aura la possibilité, comme pour un placement, d’utiliser certains montants pour financer l’économie sociale et solidaire à Québec.

Q Que pourra faire un commerçant avec ses BLÉS?

R L’objectif de notre organisme est de l’aider afin qu’il remette l’argent dans le circuit. Par exemple, en payant ses fournisseurs. Certains commerçants nous ont souligné que des employés seraient ouverts à l’idée de recevoir une partie de leur salaire en BLÉ. S’il n’est pas capable de se départir de ses BLÉS,  notre organisation va lui redonner des dollars. Pour un client qui paye sa facture en BLÉ, le commerçant devra lui remettre la différence avec la même monnaie. Toutefois, puisqu’il n’y a pas de pièce, il devra aussi remettre des dollars. D’ailleurs, on réfléchit actuellement pour ajouter des billets d’un BLÉ en papier.

Q Où trouvera-t-on les BLÉS?

R Il va y avoir différents points de service. Par exemple, l’organisme Craque-Bitume pourrait servir de point de service durant leurs heures d’ouverture.