Maude Julien, Marie-France Poulin, Christine Dufour et Anne Carrier ont été choisies comme modèles inspirants pour les femmes qui veulent se lancer en affaires.

Quatre femmes inspirantes pour la relève

Il n'y a pas autant de femmes entrepreneures que le marché peut en accueillir, affirme Gisèle Picard, présidente de l'Association des femmes entrepreneures Québec (AFEQ). «Pourtant, elles sont scolarisées, bien outillées et capables autant que les hommes de diriger des entreprises ou d'occuper des postes de haute direction», affirme-t-elle.
Si ce n'est pas toujours facile de se lancer en affaires, elle note une voie d'accès intéressante avec le repreneuriat où les femmes peuvent exercer leurs talents.
Ce sont là des raisons qui poussent l'association à reconnaître le parcours inspirant de femmes en affaires chaque année depuis six ans avec ses coups de foudre d'affaires, comme c'était le cas mercredi soir à Lévis.
Marie-France Poulin
«Je suis tombée dans la marmite dès l'enfance. L'usine de mon père était proche de la maison et tous les midis, il nous racontait ce qui se passait», affirme Marie-France Poulin, toujours en affaires avec sa famille dans la compagnie Kalia après avoir exercé ses compétences entrepreneuriales chez MAAX.
Dans son parcours d'affaires, elle est aussi présidente de quelques conseils d'administration notamment première femme à la présidence de celui de l'Université Laval.
«J'aimerais dire aux femmes qui veulent se lancer en affaires de ne pas se gêner pour partager leur rêve. Dans le partage, elles vont découvrir des alliés qui les aideront à aller plus loin. Et il ne faut jamais oublier de s'engager dans sa communauté pour faire profiter les autres de ses talents», confie-t-elle avec un grand sourire.
Anne Carrier
Architecte de formation, elle préside depuis 25 ans les destinées de son bureau en pratique privée fondé à Lévis avec son conjoint. «J'ai voulu développer un secteur de niche en misant sur la qualité, raconte-t-elle, parce que l'on peut améliorer la qualité de vie par l'architecture. On peut avoir des modèles pour s'inspirer, mais jamais copier, il faut apprendre à se distinguer», explique Anne Carrier.
Son entreprise s'est distinguée par de nombreux prix dès les premières années que ce soit avec l'Ordre des architectes ou à la suite de concours. Le plus récent honneur, la médaille du Gouverneur général du Canada, a été remis pour le projet du nouveau siège social de la caisse Desjardins de Lévis.
Aux femmes qui veulent se lancer en affaires, elle dit ceci avec conviction : «Il faut toujours faire quelque chose que l'on aime. Et ne pas avoir peur de se faire confiance. Il faut savoir s'entourer, car le succès ne se fait pas tout seul. Il se construit avec les autres.»
Christine Dufour
La jeune femme a à peine un an de plus que son entreprise Groupe Sinisco, qui vient de souligner ses 40 ans. «Je ne savais pas que je deviendrais femme d'affaires, affirme-t-elle. J'étudiais pour devenir pilote d'avion. À 17 ans, je voulais une automobile. Mon père m'a répondu que je devrais travailler. Il m'a envoyé à la succursale de Baie-Comeau pendant quelques années. Et c'est comme cela que j'ai pris goût aux affaires», raconte Christine Dufour.
Devenue présidente de la compagnie en prenant la relève de son père en 2007, selon elle, la plus grande qualité à développer, c'est de bien savoir s'entourer. «Mon rôle, c'est de placer les morceaux du casse-tête, de faire en sorte que tout fonctionne bien. L'important, c'est d'être capable de prendre des décisions, de les assumer pour pouvoir vivre avec ses choix. Mais, il faut vraiment être bien entourée», répète-t-elle avec énergie.
Maude Julien
Infirmière de formation, elle ne pensait même pas être une femme d'affaires. Pourtant, elle gère le Centre de pédiatrie sociale de Lévis comme n'importe quelle entrepreneure.
«J'ai toujours voulu aider les autres», affirme Maude Julien. «Je ne savais même pas que j'avais la fibre entrepreneuriale même si je suis dans une entreprise d'économie sociale.»
Son conseil aux jeunes entrepreneures, c'est de toujours croire en leur passion et de foncer. «J'ai toujours été animée par la passion, continue-t-elle. C'est pour cela que j'ai voulu me lancer dans l'aventure selon le modèle que mon père avait implanté à Mont­réal. J'adore ce que je fais et je ne reviendrais en arrière pour rien au monde. J'ai toujours voulu sauver le monde, et mon travail consiste à ne laisser personne dans le besoin, surtout pas les enfants», insiste-t-elle avec un feu de passion dans les yeux.