L’homme d’affaires Alexandre Vézina vient de faire paraître son cinquième ouvrage destiné aux entrepreneurs qui, selon lui, sont trop souvent portés à chercher des facteurs externes pour justifier leurs malheurs.

Quand un entrepreneur conseille ses pairs

Alexandre Vézina est propriétaire de trois entreprises. Des bons coups, il en a connu, mais des moins bons aussi, il l’avoue. Avec l’ouvrage au titre accusateur C’est de TA faute, son cinquième destiné aux entrepreneurs, l’homme d’affaires conscientise ses semblables à leur responsabilité devant leurs succès… et leurs échecs.

C’est de ta faute si tu ne réussis pas en business. Voilà la prémisse de base que l’auteur tente d’ancrer dans les mentalités des entrepreneurs qui, selon lui, sont trop souvent portés à chercher des facteurs externes pour justifier leurs malheurs.

Une situation qui toucherait davantage les propriétaires d’entreprise d’une dizaine d’employés, qui sont pour la plupart «des artisans avant d’être des gestionnaires».

«L’entrepreneuriat, c’est la plus formidable aventure, mais mieux vaut être prêt à y faire face. Devant les défis, les embûches, les risques et les rebondissements qui caractérisent le monde des affaires, un entrepreneur doit être bien outillé pour survivre et pour réussir. C’est non négociable. L’entrepreneur doit demeurer en mouvement, passer à l’action, prendre des décisions difficiles et oser là où les autres manquent d’audace», peut-on lire sur la quatrième de couverture du livre paru aux Éditions GML.

Cette audace, Alexandre Vézina souhaiterait la voir naître davantage chez les entrepreneurs.

De l’apitoiement vers une prise de conscience 

«Puisque l’émotion amène à l’action», avec ses conseils pratico-pratiques, il espère pouvoir arriver à prévenir plutôt qu’à guérir.

«Il faut arrêter de se victimiser et devenir proactif. Savoir prendre nos responsabilités, assumer nos décisions et les ramener pour en faire un succès», estime l’entrepreneur-conseil qui se consacre aussi depuis 15 ans à l’accompagnement d’autres entrepreneurs, afin d’améliorer leur situation.

Ce qu’il raconte dans C’est de TA faute, l’entrepreneur ne l’a pas pris dans les nuages. Inspiré entre autres par des cas vécus par ses clients, il raconte qu’il a lui-même connu des difficultés avec l’une de ses entreprises dans les dernières années. La gestion des employés n’était pas rose et il se plaignait de la qualité du travail de certains d’entre eux.

«Après un travail d’introspection, j’ai réalisé que c’était ma faute : j’étais le responsable de ma situation. Ç’a été un point tournant dans ma façon d’intervenir et de gérer mon entreprise», se souvient-il. Des processus d’embauche à l’accueil des nouveaux employés en passant par l’évaluation de leurs compétences, il affirme avoir tout revu.

«Regarde-toi dans le miroir, suggère M. Vézina. Toutes les actions que tu prends ou pas, c’est de ta faute quand tu ne peux pas te relever la tête et voir venir les choses.»

La pénurie de main-d’œuvre

Parlant de ne pas voir venir, certains semblent, au dire d’Alexandre Vézina, opter pour «l’approche pompier». «On ne doit pas être en mode survie et constamment éteindre les feux. Il faut prendre un pas de recul régulièrement», martèle-t-il.

Dans ses consultations, l’auteur affirme avoir observé une tendance à se sentir victime de la pénurie de personnel. La place du travailleur en tant qu’humain est alors d’autant plus importante au cœur de l’entreprise, conseille M. Vézina.

Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, il faut aller chercher les bons éléments face aux concurrents. On ne gère pas des robots, il faut savoir se distinguer pour avoir les bonnes personnes.»