Le carnet de commandes de l'entreprise de Nicolas et André Giguère ne dérougit pas.

Qualtech lorgne le marché américain

D'ici 2020, Qualtech souhaite avoir pignon sur rue au pays de Donald Trump. Mais avant tout, le déménagement des installations de l'usine de Drummondville ainsi que l'agrandissement des locaux à Québec sont dans les plans.
L'entreprise spécialisée dans la fabrication d'équipements et de composantes à base d'acier inoxydable entre autres pour le secteur agroalimentaire et pour l'industrie biopharmaceutique a le vent dans les voiles. Le carnet de commandes ne dérougit pas. Si bien, que chaque petit recoin des établissements du groupe est aujourd'hui exploité à son maximum, ou presque.
Un beau problème
«Ça fait quelques années qu'on était rendu trop à l'étroit. [...] Nous avons étiré au maximum. Il fallait passer à l'étape suivante», indique au Soleil le copropriétaire, Nicolas Giguère, avouant du même souffle qu'il s'agit tout de même d'un beau problème pour la compagnie fondée en 1996.  
Afin de remédier à cette situation, Qualtech prévoit investir plus de 10 millions $ au cours des 18 prochains mois pour l'achat d'équipements ainsi que pour dénicher un nouveau lopin de terre à Drummondville. Cet argent a également servi à l'acquisition au mois d'avril pour 2,4 millions $ de l'entrepôt de Goodyear Canada dans le parc industriel Jean-Talon, à Québec.
«C'était nos voisins, alors c'était une belle occasion pour grandir dans la région», note au Soleil le patron, à la tête d'une compagnie avec son frère André de 300 travailleurs répartis à travers six sites, soit Québec (2), Drummondville, Saint-Hyacinthe, Laval et Mississauga, en Ontario. «Nous sommes présentement en train d'aménager nos nouveaux locaux dans la capitale. Notre plan est de transférer une partie de la production dans cette usine. Nous prévoyons toutefois conserver les deux établissements», poursuit-il.
Depuis quelques années, les contrats affluent de partout à travers le Canada, des États-Unis et du Mexique. La récession de 2008 est aujourd'hui bel et bien qu'un mauvais souvenir pour la direction de Qualtech. L'entreprise enregistre annuellement depuis dix ans une hausse des ventes de 10 à 15 %. Et son chiffre d'affaires est aujourd'hui d'environ 50 millions $.
«Il y a une forte demande au niveau alimentaire du côté des États-Unis. Au Canada, nous sommes l'une des seules compagnies capables d'offrir un projet clé en main pour la construction d'une usine», avance M. Giguère. Qualtech a notamment oeuvré sur le chantier des installations de Fruit d'Or à Plessisville. «Nous avons refait l'ingénierie, les plans, le design, la machinerie, l'automatisation, nous avons procédé à la mise en marche et nous avons offert de la formation aux employés», explique l'homme d'affaires. 
Pour la nouvelle usine de Drummondville, les propriétaires espèrent être en activité dès janvier 2018. Des terrains ont déjà été ciblés. Une dizaine d'emplois devraient être créés. Et ensuite, place à l'expansion du côté des États-Unis. Deux employés de Qualtech travaillent déjà au sud de la frontière.
«Nous sommes déjà en observation et nous évaluons pour une possible acquisition», affirme M. Giguère. «Il y a plusieurs options sur la table. Notre objectif, comme nous l'avons fait en Ontario [en 2012 et en 2014], est de procéder avec une acquisition. Cela nous permet d'être présents sur le marché plus rapidement», conclut-il, précisant regarder pour une entreprise entre 25 et 50 employés.