Les hôteliers de la grande région de Québec ont décidé à 72 % de dire oui à la proposition de l’Office du tourisme de Québec de changer la formule pour l’utilisation des crédits marketing.

Promotion hôtelière: les hôteliers disent oui au changement de formule

Les hôteliers de la grande région de Québec ont décidé à 72 % de dire oui à la proposition de l’Office du tourisme de Québec de changer la formule pour l’utilisation des crédits marketing. Certains hôteliers mécontents du processus ont décidé de mener une bataille judiciaire pour annuler le vote.

Réunis à l’Hôtel Manoir Victoria, mardi, les membres de l’Association des hôteliers de la région de Québec (AHRQ) ont donc décidé d’aller de l’avant avec la proposition malgré la vague de protestations de plusieurs gros hôteliers de la région sur cette nouvelle formule de promotion. 

Au total, 43 membres de l’AHRQ représentant 64 hôtels ont pris part au vote. Sur les 102 hôtels qui sont membres de l’Association, 90 avaient un droit de vote. En tout, la région de Québec compte environ 170 hôtels.

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Pour la présidente de l’AHRQ, Marjolaine de Sa, ce résultat est une très bonne nouvelle, mais celle-ci rappelle qu’aucune entente n’est pour l’instant signée avec l’Office du tourisme de Québec sur la forme que va prendre cette nouvelle formule de promotion. 

Une chose est sûre, les hôtels ne recevront plus le 14 % qui provenait de la taxe d’hébergement pour payer leur promotion à l’extérieur du Québec. «C’est la région qui va sortir gagnante. Sur les 64 % des hôteliers qui utilisaient cet argent, 45 à 50 % d’entre eux l’utilisaient mal. Là on va créer un comité de planification stratégique géré par des hôteliers et c’est la destination qui va être mise au premier plan. Tout le monde va être gagnant», a-t-elle expliqué.

Le directeur de l’Office du tourisme de Québec, André Roy est aussi très satisfait du résultat. «On s’est rendu compte que l’argent n’était pas toujours bien utilisé, et les hôteliers ne doivent pas oublier que cet argent ne leur appartient pas, mais qu’il s’agit de l’argent public.» 

Bataille judiciaire

Le choix de l’Office du tourisme du Québec de changer la formule de promotion est loin de plaire à tous les hôteliers, même si la majorité a voté en faveur du changement. 

«Les hôteliers sont les mieux placés pour faire la promotion. Le Concorde est sur plusieurs chaînes de télévision. On a des vidéos sur les médias sociaux», a souligné Manon Fortin, associée de Jean-Guy Sylvain, patron du Concorde, du Delta Québec et d’Unilofts Grande Allée. Manon Fortin et Jean-Guy Sylvain détiennent six hôtels qui représentent environ 1200 unités d’hébergement dans la capitale. 

Même son de cloche du côté de l’Hôtel Signature. «C’est très décevant. Ça va faire un gros trou dans le budget. De plus, le nombre de votes devrait dépendre du nombre de chambres. Là, c’est un hôtel, un vote, mais ce n’est pas pareil d’avoir 30 chambres et d’en avoir 500», a déploré Gabriel Perreault.

Du côté du groupe Jaro, propriété de la famille Robitaille avec sept hôtels, la situation est encore plus déplorable. «On n’avait pas le droit de vote, parce qu’on est plus membre de l’association. Pourtant on est aussi concerné par ce changement», a dénoncé Annie Robitaille.

«Il n’y avait pas d’urgence de procéder au vote», a plaidé Nancy Robitaille. «Plusieurs hôteliers ont posé des questions. Ils ont dit qu’ils allaient nous revenir avec des propositions, mais c’est très vague pour le moment.»

Plusieurs hôteliers vont continuer les démarches déjà entreprises depuis plusieurs mois avec une bataille judiciaire pour faire reconnaître leurs droits.