Stéphanie Allard voit son projet de serre sur un toit comme une application des principes d'urbanisme responsable.

Projet de serre hydroponique sur un toit à Québec

Un projet majeur de serre hydroponique sur un toit dans un parc industriel est en élaboration à Québec. Les promoteurs comptent alimenter plusieurs centaines de familles chaque semaine en produits frais avec des paniers en mettant les agriculteurs de la région à contribution. Reste encore à trouver un partenaire financier prêt à embarquer dans l'aventure!
Stéphanie Allard se fait prudente en parlant du projet Canopée. Une entente de principe a été conclue avec le propriétaire du bâtiment et les documents sont entre les mains des avocats, mais elle préfère attendre que tout soit attaché avant de dire où sera construite la serre. 
Le financement, évalué à 2,2 millions $, n'est pas finalisé lui non plus. La jeune femme de 28 ans et son associé, qu'elle ne peut nommer pour l'instant, ont vu leur idée acceptée par La Ruche, une plateforme de financement participatif qui permet à la population de soutenir des projets d'entreprise dans la région de Québec en échange de récompenses. Tous deux ont aussi brisé leur cochon, mais il faudra encore un partenaire majeur, «quelqu'un qui aura une vision similaire à la nôtre», dit-elle.
Biologiste et urbaniste associée chez ÉCOgestion-solutions, Stéphanie Allard promet que ce projet ne sera pas qu'une simple entreprise commerciale, mais une application des principes «d'urbanisme responsable» : système de chauffage «innovant», récupération de l'eau de pluie, réduction des émissions de gaz à effet de serre du fait qu'elle se trouvera en plein coeur de la ville, à proximité des futurs clients et de la main-d'oeuvre. L'entreprise pourrait créer une quinzaine d'emplois.
Les promoteurs veulent aussi rassurer les agriculteurs de la région qui pourraient s'inquiéter de l'arrivée d'un nouveau joueur majeur. «Pas question de briser le marché», dit-elle. Canopée produira des légumes de serre chaude, à savoir tomates, poivrons, aubergines, concombres ainsi que des fines herbes, mais compte sur d'autres producteurs pour compléter les paniers avec des légumes racines et autres produits. «On veut leur offrir un nouveau canal de distribution.»
Une étude de marché réalisée auprès de 350 personnes a permis d'identifier le profil de la future clientèle : des gens scolarisés, jeunes ou vieux, avec ou sans enfants, mais aussi beaucoup d'étudiants qui n'ont pas nécessairement de gros revenus, dit-elle.
Règlement d'urbanisme
La construction de serres sur les toits du calibre que prévoient Mme Allard et son associé n'est pas permise à Québec pour l'instant. Mais preuve de l'ouverture de la Ville, une consultation publique aura lieu dans quelques jours en vue de modifier le Règlement d'urbanisme. La modification vise à «permettre l'installation, sur une toiture, de serres industrielles pour produire des produits maraîchers», tout en respectant le nombre d'étages prévus au zonage et en permettant aux arrondissements de les autoriser ou non.
Le document déposé au conseil stipule que «l'implantation de telles serres vise des bâtiments dont les usages principaux sont la distribution et le commerce de gros ainsi que d'autres types d'usage principaux à caractère industriel».
À Montréal, la serre de Fermes Lufa, dans le quartier Ahunstic-Cartierville, est devenue en 2011 la première installation du genre au monde. D'une superficie de 2880 mètres carrés, elle dessert
2000 familles en paniers de légumes. L'entreprise en a depuis ouvert une seconde à Laval et a un troisième projet à Boston. D'autres ont aussi été construites à Vancouver et à New York.
À Québec, la consultation aura lieu le 18 novembre à 16h à la salle du conseil de l'hôtel de ville.