L'emplacement prévu pour la cimenterie a fait l'objet de premiers travaux d'aménagement en 1998, dont le dégagement d'une aire pour le complexe industriel, et le début de la jetée du quai.

Projet de cimenterie à Port-Daniel: investissement de 1 milliard $ confirmé

Le gouvernement du Québec annoncera vendredi sa contribution au projet de cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie, une nouvelle attendue depuis longtemps par les élus de la MRC du Rocher-Percé, mais qui est dénoncée par le syndicat des Métallos, où l'on craint la perte de centaines d'emplois dans les cimenteries existantes.
Le projet pourrait se traduire par un investissement total de 1 milliard $, à savoir 800 millions $ à Port-Daniel et le reste dans des terminaux de réception de ciment aux États-Unis.
Pendant que la préfète de la MRC du Rocher-Percé, Diane Lebouthillier, applaudit la conclusion d'un dossier qui chemine depuis 30 ans, le syndicat des Métallos demande une rencontre d'urgence avec la première ministre Pauline Marois, qui participera à l'annonce de vendredi à Port-Daniel-Gascons.
«Ça sent l'électoralisme à plein nez. On n'a rien contre la création d'emplois, mais si ça entraîne des pertes d'emplois de l'autre côté, on fait juste brasser de l'air. On a fait des représentations au cours des derniers mois auprès du gouvernement pour expliquer nos craintes. On attendait des études pour montrer que cela n'affecterait pas les emplois déjà existants... On les attend toujours», note Daniel Roy, directeur québécois du Syndicat des métallos.
Le syndicat s'inquiète notamment pour l'avenir des 150 travailleurs de Ciment Québec à Saint-Basile-de-Portneuf, des 135 employés de Ciment Lafarge à Saint-Constant et d'une cinquantaine d'ouvriers affectés à la livraison de béton à Montréal.
Les craintes du syndicat rejoignent celles exprimées par les dirigeants de ces cimenteries depuis quelques mois. L'industrie québécoise a fonctionné aux deux tiers de sa capacité l'an passé, et il y a surcapacité à l'échelle mondiale.
La direction de Ciment McInnis, promoteur du projet de Port-Daniel, assure depuis deux ans que sa production sera exportée vers des marchés américains que les cimenteries québécoises ne rejoignent pas. En novembre toutefois, le président de Ciment McInnis, Christian Gagnon, a admis que sa firme tentera de toucher un marché québécois alimenté par la Corée du Sud.
Luc Papillon, de Ciment Québec, avait alors précisé que l'importateur de ce ciment, Béton Provincial, s'approvisionnait jadis chez lui.
Environnement
Christian Gagnon assure de plus que la cimenterie de Port-Daniel fera fermer des cimenteries vétustes sur le plan environnemental. Les écologistes de la Gaspésie sont prompts à répondre que les 1,75 million de tonnes de gaz à effet de serre que dégagera l'usine feront grimper à elles seules les émissions québécoises de près de 10 %.
La préfète Diane Lebouthillier se dit rassurée par l'engagement pris par Ciment McInnis pour installer des équipements performants sur le plan environnemental. Elle privilégie les attentes d'un secteur qui a été éprouvé économiquement.
«Nous avons recommencé à avoir espoir quand la famille Beaudoin [du conglomérat Beaudier, contrôlant le géant du transport Bombardier] s'est associée au projet. Ça venait donner du sérieux au promoteur», dit-elle.
Selon La Presse, l'État, par l'intermédiaire d'Investissement Québec, consentira un prêt de 250 millions $ à Ciment McInnis et participera à l'investissement à la hauteur de 100 millions $.
La direction de Ciment McInnis prévoit que l'usine emploiera entre 100 et 150 personnes dans la production de 2,2 millions de tonnes de ciment par an.