Philippe Canac-Marquis, de Pâtisserie Michaud, a fait faire le tour de l’usine au ministre Sébastien Proulx.

Projet d’automatisation de 600 000 $ pour Pâtisserie Michaud

Plus de 200 000 bûches de Noël sont sorties l’an dernier de l’usine de Pâtisserie Michaud. Sans compter les autres types de gâteaux. Pour soutenir sa croissance, qui oscille entre 35 et 45 % annuellement depuis trois ans, l’entreprise projette un investissement de 600 000 $ pour automatiser certaines tâches, juste à temps pour le sprint du temps des Fêtes.

Dans l’usine de l’avenue des Affaires, à Val-Bélair, les «artistes» du gâteau, comme on les appelle, s’activent. Le directeur du développement des affaires, Philippe Canac-Marquis, nous fait faire le tour. Chaque salle porte un nom rigolo. Le gym (préparation des crèmes), le salon de bronzage (cuisson), le spa (refroidissement des gâteaux), etc. Des indications colorées ou des petites phrases qui font sourire sont inscrites sur les murs. Des pâtissières crèment et décorent des gâteaux sur l’air de Sexy Thing, de Hot Chocolate.

M. Canac-Marquis vante le travail des employés, dont certains sont là depuis 15-20 ans. Une fidélité importante en ces temps de rareté de main-d’œuvre. «On ne pourrait pas être 100 % robotisé et garder la même qualité et le même goût des produits. On a besoin d’avoir le côté humain, on a besoin que ça soit nos gens qui se mettent les mains dans la pâte. C’est ça qui a fait la renommée de nos produits, de notre entreprise», explique M. Canac-Marquis.

«La robotisation va nous aider à gérer la croissance, pour passer à l’autre étape et surtout éviter des goulots d’étranglement dans les grosses périodes.»

Car la croissance surpasse les attentes. Les améliorations techniques permettront donc de prendre plus de contrats dans la période très achalandée avant les Fêtes, note M. Canac-Marquis. Au moment de notre visite, l’entreprise faisait d’ailleurs des tests avec un client important pour un nouveau produit. L’entreprise compte déjà parmi ses clients Sobeys, Metro, Costco et Chocolats Favoris.

Certaines tâches sont difficiles pour les employés et gagneront à être faites de façon automatisée, renchérit la copropriétaire, Sophie Alain. Par exemple, la coupe des bûches congelées, qui est difficile et répétitive pour les employés, ou encore de l’emballage.

L’automatisation ne supprimera aucun emploi, au contraire, dit Mme Alain. L’entreprise embauche maintenant une soixantaine de personnes, le double d’il y a quelques années. En fortes périodes, ce sont jusqu’à 90 employés qui sont à l’œuvre. Il y aura sûrement encore des embauches à venir.

Pâtisserie Michaud a aussi les yeux tournés vers l’Ontario, où elle fait des démarches depuis qu’elle n’est plus à l’étroit dans son usine, soit depuis deux ans. «Cette année, on espère recueillir les fruits», indique M. Canac-Marquis.

Programme de 75 M $

L’entreprise recevait mercredi le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx, qui venait annoncer un programme d’investissement de 75 millions $ sur cinq ans pour accélérer l’automatisation et augmenter la compétitivité des entreprises en transformation agroalimentaire.

Le programme, qui était inscrit au budget présenté la semaine dernière, peut servir à la planification ou à la réalisation d’un projet. L’aide financière est de 75 000 $ ou 150 000 $ selon les volets, et peut atteindre un maximum de 375 000 $ pour une même entreprise. Quelque 2400 établissements dans la province et 200 entreprises de la région pourraient être admissibles au programme.

«C’est dans le but d’augmenter leur capacité de produire, mais aussi de faire face aux enjeux de main-d’œuvre que nous connaissons dans toutes les régions du Québec, mais qui est particulièrement criant dans la Capitale-Nationale», a commenté le ministre Proulx.

Il assure que les fonds seront maintenus, peu importe l’issue de l’élection d’octobre. «Les montants sont prévus, sont protégés.»

Pâtisserie Michaud compte déposer une demande. «Ça représente beaucoup pour nous. C’est 75 millions $ qui est offert aux industries. Ça va nous aider dans notre projet», a commenté Mme Alain.