Un appareil de l’exploitant de lignes aériennes Grupo Aeromexico

Programmes de fidélisation: Aimia rejette l'offre d'un partenaire mexicain

MONTRÉAL — Après avoir reçu la veille une offre pour Aéroplan, Aimia a été de nouveau visée par une proposition non sollicitée, cette fois-ci pour le programme de fidélisation mexicain Club Premier, qu’elle s’est empressée de rejeter.

L’exploitant de lignes aériennes Grupo Aeromexico a offert 234 millions $ pour la participation de 48,9% d’Aimia dans le propriétaire du programme, Premier Loyalty & Marketing (PML). La société mexicaine détient déjà le reste de PML.

«(Aimia) a rapidement rejeté l’offre, car elle croit que sa participation vaut beaucoup plus que le prix offert, qui ne constitue nullement une amélioration des conditions précédemment proposées par Aeromexico dans le cadre de discussions», a répondu jeudi Aimia, dans un communiqué.

La compagnie montréalaise a expliqué que PML avait généré un bénéfice d’exploitation ajusté de 101,7 millions $ en 2017, ajoutant que l’entente entre le partenariat était valide jusqu’en 2030.

Cette offre on sollicitée d’Aeromexico a été déposée au lendemain de celle d’un consortium mené par Air Canada visant à acquérir le programme de fidélisation Aéroplan dans le cadre d’une transaction évaluée à 2,25 milliards $.

«Aimia est d’avis que les récents événements viennent mettre en lumière la force, la qualité et l’attrait à la fois (de ses) activités principales et de ses autres actifs et placements», a-t-elle ajouté.

Le groupe mexicain exigeait une réponse avant le 3 août et avait signalé que son partenariat avec Aimia n’allait pas être renouvelé après 2030.

Le programme Club Premier, membre de l’alliance SkyTeam, compte quelque 3,7 millions de membres et plus de 100 partenaires. Les membres accumulent des points en utilisant les cartes de crédit American Express et Banamex.

Selon l’analyste Adam Shine, de la Financière Banque Nationale, Aeromexico fait preuve d’intransigeance à l’égard d’Aimia.

«Si cela n’était pas clair mercredi, il est maintenant évident que des partenaires qui disposent d’une position de négociation plus avantageuse forcent la main à Aimia pour qu’elle se départisse d’actifs», a-t-il estimé, dans une note.

Offensive d'Air Canada

Mercredi, un consortium formé d’Air Canada, de la Banque TD, de la Banque CIBC ainsi que de Visa Canada a proposé d’acquérir Aéroplan pour 250 millions $ en espèces et la prise en charge du passif des milles non échangé, ce qui est évalué à environ 2 milliards $.

Cette offensive survient un peu plus d’un an après la décision du transporteur aérien de mettre fin à son association avec Aimia en 2020, afin de déployer sa propre plateforme.

Air Canada a indiqué, dans un courriel envoyé à ses clients, que les quelque cinq millions de membres d’Aéroplan seraient en mesure de transférer leurs milles non échangés si la transaction se concrétisait.

Entre-temps, l’agence de notation DBRS, établie à Toronto, a décidé de placer Aimia sous surveillance en raison de la situation actuelle.

«Cela témoigne de l’incertitude par rapport à ce que sera le produit net, à l’utilisation qui en serait faite, et aux actifs qui resteront dans le giron d’Aimia», a indiqué DBRS, dans une note transmise par courriel.

En août dernier, l’agence avait abaissé à BB (faible) la cote de crédit de la société. Une telle décision fait généralement grimper les coûts d’emprunt d’une entreprise.

À la Bourse de Toronto, l’action d’Aimia a clôturé à 3,44 $, en hausse de 5 cents, ou 1,47%.