Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon
Le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon

Programme de la AERAM: le ministre Fitzgibbon met les faits sur la table

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
Le programme d’Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM) est-il «juste de la foutaise» comme l’a prétendu un chocolatier de Stoneham-et-Tewkesbury, en colère contre Investissement Québec concernant sa demande d’aide financière de 70 000 $, dans une entrevue? Affecté par la lecture du texte racontant l’histoire de cet homme d’affaires, Pierre Fitzgibbon, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, a décidé d’intervenir.

«C’est important de dire que nous sommes très sensibles à la situation des entrepreneurs», a-t-il d’abord lancé. «Je ne veux pas défendre ma position, mais je veux au moins mettre les faits sur la table. Les gens pourront ensuite juger.»

M. Fitzgibbon a expliqué que c’est en avril 2020 que Programme d’action concertée temporaire pour les entreprises (PACTE) et le Programme aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises (PAUPME) ont été mis en place. Ces programmes offraient des prêts aux entrepreneurs pour les aider à passer à travers de la crise. Le PACTE est géré par Investissement Québec et il s’adresse aux grosses entreprises. Quant au PAUPME, qui est géré par les MRC, il s’occupe des plus petites, celles qui ont besoin d’un coup de pouce financier moins important. «À ce jour, les demande d’aide faites au PAUPME représentaient 90 % des demandes totales d’aides», a lancé le ministre.

L’AERAM, lui, a été lancé en octobre à la suite de la fermeture des restaurants et des bars. C’est un volet qui a été ajouté au PAUPME. Il couvre la portion des frais fixes admissibles non réclamée dans le cadre d’un autre programme gouvernemental et déboursée pour la période de fermeture visée, soit : les taxes municipales et scolaires, le loyer, les intérêts payés sur les prêts hypothécaires, les frais liés aux services publics (électricité et gaz), les assurances, les frais de télécommunication, les permis et les frais d’association, etc.

Les salaires, les avantages sociaux, les cotisations patronales et sociales, les impôts et les taxes ainsi que les autres frais fixes sont exclus des dépenses donnant droit à un pardon de prêt qui pourra atteindre 100 % des frais fixes admissibles, et ce, jusqu’à concurrence de 15 000 $ par mois de fermeture. Il ne pourra excéder 80 % du montant du prêt octroyé dans le cadre du PAUPME.

«Les chiffres en date de la semaine dernière indiquaient 3700 dossiers avaient été acceptés à l’AERAM et que 126 millions $ en avance, des prêts, avaient été faits. Mais de cette somme, 82 millions $ étaient une partie non remboursable donc de l’aide directe.

«En comparaison, le PACTE a donné son accord à 135 dossiers et il a remis 14 millions $ en prêts pour lesquels huit millions $ bénéficiaient d’un pardon. Au total, 3835 entreprises ont reçu de l’argent du PACTE et du PAUPME. Ces deux organismes ont distribué 140 millions $ en prêts dont 90 millions $ ont été accordés en pardon. Ce n’est pas banal. C’est assez costaud. Je pense que ce sont des programmes assez robustes.»


« Je ne veux pas défendre ma position, mais je veux au moins mettre les faits sur la table. Les gens pourront ensuite juger »
Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie


Décortiquant les chiffres de l’aide accordée par l’AERAM, M. Fitzgibbon a indiqué que les demandes venaient des restaurants à 62 %, des gymnases à 10 % et des bars à 9 %. Le ministre de l’Économie et de l’Innovation a tenu à ajouter que le gouvernement fédéral avait lui aussi mis sur pied des programmes pour aides les entrepreneurs, des programmes comme celui de la subvention salariale du remboursement du coût des loyers qui fonctionnaient bien.

«Et il faut l’avouer, il y a des gens qui peuvent s’en tirer juste avec ces deux programmes. On ne veut pas faire une course avec le fédéral. On veut complémenter l’aide qu’il donne. Ce que l’on fait, c’est aider les entrepreneurs à rembourser les autres dépenses. Je veux être certain que toutes les entreprises qui sont encore fermées puissent venir nous voir. On a même bonifié le programme de l’AERAM pour permettre la relance. Parce que l’on comprend que des difficultés financières pourraient venir quand ils rouvriront, plusieurs entrepreneurs devant bâtir leurs inventaires. Le programme AERAM va donc continuer. On verra quel rythme aura la vaccination, mais on s’en va vers un déconfinement total dans les prochaines semaines ou les prochains mois, il faut donc être aux aguets.»

La paperasse

M. Fitzgibbon a indiqué qu’il avait aussi sourcillé quand il avait lu, dans le texte publié dans le Journal de Montréal racontant l’histoire du chocolatier de la région québécoise, que le programme de l’AERAM exigeait aux demandeurs d’aide de remplir trop de paperasse. «Le document que l’on a à remplir pour une demande d’aide financière à l’AERAM a cinq pages. Et elles ne sont pas recto verso», a-t-il lancé.

Le ministre dit avoir cherché la demande d’aide financière du chocolatier dans les documents de l’AERAM. Et il ne l’a jamais trouvé. Il a cependant promis qu’une personne du gouvernement l’entrepreneur afin de l’aider. «Peut-être que sa demande a été perdue. Mais je l’encourage à venir nous voir. On aide tous ceux qui ont des problèmes de liquidités. Et je pense que l’aide financière que l’on offre est relativement facile à obtenir en dedans d’une dizaine de jours. 

«Toute cette histoire est sûrement due à un manque de communication. On ne communique jamais trop. Je suis prêt à accepter que l’on ait mal expliqué à ce monsieur qu’il n’aurait pas à rembourser 80 % du prêt qu’il obtiendrait puisque celle-ci serait une aide directe. Et je suis très ouvert à ce qu’on lui accorde une aide s’il a des problèmes de liquidités parce qu’il le mérite.»