Le PDG de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau.

Produits forestiers Résolu se serre encore la ceinture

Malgré tous les sacrifices consentis par les employés de l'usine de papier journal de Baie-Comeau au cours des dernières années, la haute direction de Produits forestiers Résolu ne peut garantir que d'autres efforts ne seront pas exigés dans les mois à venir.
«Les restructurations ont été faites de façon à pouvoir opérer de manière compétitive. Ça n'arrêtera pas, c'est continuel», a lancé le président et chef de la direction de l'entreprise, Richard Garneau, en marge de son discours devant une centaine de membres de la Chambre de commerce de Manicouagan. «On doit s'attendre encore à ça dans les prochaines années.»
Rappelons qu'à la fin 2013, les employés de Résolu à Baie-Comeau ont dû sacrifier 90 postes, en plus de voir leurs conditions de travail modifiées. Des coupes du même ordre ont eu lieu lors des deux années précédentes. En fait, entre 2007 et aujourd'hui, le nombre d'employés est passé de 900 à 275. «Ce n'est pas plaisant à faire [les coupes], mais il ne faut pas attendre de frapper le mur avant d'agir», a lancé le grand patron.
«On évolue dans un marché [le papier journal] où la demande en Amérique du Nord diminue d'environ 10 % par année. Il faut donc s'adapter», a ajouté M. Garneau. «Des efforts doivent être faits à tous les mois pour s'ajuster. On sait que beaucoup de sacrifices ont été faits, mais ça nous permet de continuer à opérer nos installations.»
Le dirigeant a aussi signalé qu'outre les concessions du personnel, bien d'autres facteurs entrent en ligne de compte quand il s'agit de la compétitivité de Résolu sur la Côte-Nord. Il indique toutefois que les récents investissements à la machine no 4 ont permis d'améliorer la qualité du papier et que le fait que l'usine dispose d'un port de mer à proximité fait partie des facteurs positifs.
Résolu, qui a également une scierie dans la région, doit aussi composer avec une baisse de la possibilité forestière, que Richard Garneau évalue à près de 750 000 mètres cubes pour la Côte-Nord depuis l'entrée en vigueur du nouveau régime forestier québécois. Selon le grand patron, 100 000 mètres cubes représentent 325 emplois directs, indirects et induits.
Autre défi
Le coût de la fibre est un autre important défi de l'entreprise, a poursuivi M. Garneau. Dans la région, en raison de l'éloignement de la fibre et la difficulté d'accès au territoire, la tonne métrique de copeaux tourne entre 160 et 200 $. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la même tonne coûte entre 120 et 130 $ et aux États-Unis, entre 80 et 90 $. «Quand on compétitionne avec des usines américaines, ça prend d'autres avantages pour rivaliser.»
Selon Richard Garneau, Résolu a injecté l'an dernier 123 millions $ dans l'économie nord-côtière en salaires et dépenses d'exploitation, sans oublier les 42 millions $ investis en cinq ans dans ses installations. «Je suis fier de dire que Résolu est un acteur socioéconomique majeur pour la Côte-Nord et nous entendons le demeurer», a-t-il conclu.