Prévost veut faire une percée en Californie en passant par la Silicon Valley et le transport des employés des Facebook et Tesla de ce monde.

Prévost veut percer dans la Silicon Valley

Prévost transporte déjà des grandes vedettes du monde du spectacle et des présidents américains dans ses maisons motorisées luxueuses. Avec ses autocars interurbains, l’entreprise de Sainte-Claire, dans la région de Bellechasse, veut maintenant faire voyager les employés des Facebook et Google de ce monde entre leur domicile et leur lieu de travail dans la Silicon Valley.

«Facebook vient de publier un appel d’offres pour acheter des autobus afin de transporter son personnel. Nous sommes sur les rangs. Et nous misons fort là-dessus. C’est un tout nouveau marché que nous explorons du côté de la Californie. Un marché plein de potentiel», explique le vice-président et directeur général de Prévost, François Tremblay.

Le fabricant d’autocars interurbains a aussi annoncé ses couleurs auprès de Tesla, le constructeur de voitures électriques installé à Palo Alto, qui planche aussi sur un appel de propositions.

«La circulation est tellement dense entre San Francisco et la Silicon Valley que les grandes sociétés technologiques ont choisi de s’acheter des autocars pour transporter leurs employés entre la maison et le bureau ou l’usine. Google et Facebook, entre autres, ont été les premiers à le faire. Plusieurs autres entreprises de la Silicon Valley ont emboîté le pas. En plus d’extirper leurs salariés des interminables bouchons de circulation, les entreprises offrent la possibilité à ces derniers de se mettre rapidement au boulot ou de poursuivre leur journée au bureau dans un autobus équipé de tous les outils informatiques nécessaires pour le faire. Une façon d’accroître la productivité de tout le monde.»

François Tremblay l’avoue, Prévost arrive un peu sur le tard dans ce marché occupé principalement par le constructeur belge Van Hool, «mais là, nous sommes prêts, nous nous sommes adaptés.»

«Dans ce marché bien particulier, il faut être en mesure d’adapter les véhicules aux besoins spécifiques des clients comme, par exemple, installer des portes de côté ou des éléments de séparation ou encore des systèmes audiovisuels.»

Agrandir son terrain de jeu

Huit véhicules sur dix qui sortent des ateliers de Prévost à Sainte-Claire prennent la direction des États-Unis.

Actuellement, le marché américain de l’entreprise se concentre principalement dans le corridor nord-est. Une percée en Californie avec Facebook, Tesla ou Google permettrait à Prévost d’agrandir son terrain de jeu.

Avec l’obtention, l’an dernier, d’un contrat pour la construction de 360 véhicules pour le transporteur interurbain américain Greyhound — le plus important remporté par Prévost en 94 ans d’histoire — l’entreprise membre de la grande famille du Groupe Volvo roule à plein régime.

Pas moins de 900 travailleurs sont à pied d’oeuvre à Sainte-Claire.

Chaque jour, quatre nouveaux véhicules sortent de l’usine. Les travailleurs consacrent en moyenne 24 jours pour construire un autobus interurbain. Il y a actuellement 18 000 véhicules Prévost qui circulent sur les routes du Canada et des États-Unis.

«Nous planchons sur quelques projets afin d’accroître nos capacités de production», indique François Tremblay en précisant que l’entreprise ne prévoyait pas, du moins pour le moment, un agrandissement de ses installations à Sainte-Claire. «Tout ça reste à voir.»

Le vice-président et directeur général de Prévost, François Tremblay.

En attente d'un contrat à New York

L’un des clients chouchous de Prévost est l’Agence de transport public de la région de New York. En 2013, cette organisation avait accordé un contrat de plus de 200 millions $US pour la construction de 300 véhicules.

Un nouvel appel d’offres sera bientôt lancé pour la construction, cette fois, de 307 véhicules. Avec les autocars Prévost, l’Agence de transport public de la région de New York va chercher les utilisateurs de transport en commun qui habitent en périphérie de la Grosse Pomme pour les conduire vers ses différents points de service.

«L’octroi du contrat se fera à la fin de l’été. Nous nous croisons les doigts», indique M. Tremblay. «Nous sommes confiants que New York nous choisira une fois de plus. Nos véhicules répondent à leurs attentes. Ils sont très satisfaits de nos produits. Je crois sincèrement que ça nous place dans une très bonne position pour décrocher ce contrat.»

+

LE FACTEUR TRUMP

«Avec la nouvelle administration américaine, disons que nous ne savons pas trop sur quel pied danser!»

Le protectionnisme prôné par Donald Trump, notamment pour défendre l’industrie automobile américaine, cause des maux de tête au constructeur québécois d’autocars interurbains, et ce, «même si nous ne sommes qu’un petit fabricant d’autobus, une goutte d’eau dans cette industrie gigantesque», insiste le vice-président et directeur général de Prévost, François Tremblay.

«Heureusement, le président a un peu radouci le ton ces dernières semaines.»

En Amérique du Nord, le Groupe Volvo construit des véhicules au Canada (les autobus de marque Prévost) et au Mexique (les autobus de marque Volvo). Des véhicules qui sont vendus principalement aux États-Unis.

«C’est simple, nous sommes frappés des deux bords de la frontière américaine», pousse François Tremblay.

En 2013, Prévost a décidé de s’implanter à Plattsburgh, aux États-Unis, avec Nova Bus, sa compagnie soeur au sein du Groupe Volvo qui fabrique des autobus urbains.

Une façon concrète de répondre aux exigences des clients du pays de l’Oncle Sam.

«C’était, pour nous, une façon d’accéder aux contrats de l’Agence de transport public de la région de New York», explique M. Tremblay.

Il s’agit d’une véritable manne pour un constructeur d’autobus. «Le budget de l’agence pour le matériel roulant est de 5 milliards $US par an.»

À Plattsburgh, les travailleurs américains de Prévost font principalement l’assemblage des pièces et des structures fabriquées à Sainte-Claire.

Pour le vice-président et directeur général, les activités américaines de Prévost n’enlèvent pas de pain dans la bouche des salariés du Québec. Au contraire.

En plus de ses 900 travailleurs dans la région de Bellechasse, Prévost procure un gagne-pain à une centaine de personnes à son centre de distribution de pièces à Québec et une cinquantaine d’autres à son centre de services à Lévis.