Une clause des conventions collectives actuelles prévoit un «ajustement» salarial lié à l'inflation pour les 430 000 employés de l'État. Ceux-ci se partageront ainsi 375 millions le 31 mars 2015.

Près d'un demi-million d'employés de l'État recevront une petite «prime»

Environ un demi-million d'employés de l'État recevront une petite «prime» avant de s'engager dans une année où leur employeur propose de geler leur salaire. Québec versera 305 millions $ à partager entre les syndiqués, le 31 mars.
La somme provient d'une clause-remorque de la convention de travail de l'ensemble des syndiqués de la fonction publique. Cette disposition lie un ajustement salarial de 1 % à la croissance de l'indice des prix à la consommation (IPC). Elle est contenue dans les contrats de travail en vigueur.
Le Conseil du trésor a annoncé, le 26 février, que la progression de l'IPC justifie le paiement d'une somme. La secrétaire associée du Conseil du Trésor, Dominique Gauthier, signale que les données finales de Statistique Canada ne seront accessibles que le 17 avril.
«Compte tenu de la très forte probabilité que la disposition s'applique, [nous vous informons] que les échelles de traitement et les primes fixes seront ajustées de 1 % à compter du 31 mars 2015.»
La haute fonctionnaire prend soin d'y aller d'une précision. «Bien que cette situation soit improbable, si l'ajustement devait être de moins de 1 %, des mesures seraient mises de l'avant afin de récupérer les sommes versées en trop.»
C'est par «souci d'équité» que le gouvernement «applique l'ajustement salarial simultanément dans le réseau de la santé, dans les commissions scolaires, dans les collèges et dans la fonction publique». En 2012, l'État employeur avait consenti un ajustement de 0,5 %, mais en fonction de la croissance du produit intérieur brut.
Un représentant d'un des syndicats faisant partie du front commun n'y a vu que la confirmation de la détérioration des conditions de travail des travailleurs. «Qu'il y ait des ajustements, c'est le signe que nous nous sommes appauvris en cours de convention.»
Un dû, pas un cadeau, souligne le syndicat
Au Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), qui n'adhère pas à la coalition négociant collectivement les contrats de travail, le président Richard Perron déplore ceci que le Conseil du trésor «fait comme si c'est un geste magnanime et un cadeau, alors que c'est prévu depuis longtemps. Il veut se donner le beau rôle, alors que c'est simplement l'application de la convention collective [...] pour aller chercher une partie de ce qui nous manque».
M. Perron a glissé qu'il a reçu la missive confirmant l'ajustement pour certains groupes de syndiqués, comme à Revenu Québec. «Mais je n'ai toujours pas reçu celle pour la fonction publique.»
Le leader syndical a signalé que l'annonce gouvernementale «provoque plus de cynisme que de joie» chez ses membres. Selon le SPGQ, pour la durée du contrat de travail, la progression salariale a été inférieure de près de 2 % à celle de l'inflation. Le rattrapage salarial ne fait que réduire le recul de rémunération à 0,9 %.
L'attachée de presse du président du Conseil du trésor a justifié le recours immédiat à la clause-remorque en répétant que «les probabilités sont presque nulles» que la progression de l'IPC ne soit pas assez importante. «Nous n'avons pas à attendre», a expliqué Marie-Ève Labranche.
Les employés de l'État «auront leur augmentation plus rapidement. Les calculs seront facilités parce qu'ils ne seront pas rétroactifs. Cela fera des économies pour l'État.»
Dans la série de négociations qui s'ouvre, Québec offre des hausses de 3 % sur cinq ans, dont le gel de la rémunération durant les deux premières années. L'alliance syndicale réclame 4,5 % d'augmentation le 1er avril 2015, 4,5 % en avril 2016 et 4,5 % en 2017.