Le président et chef de la direction, Michael Sabia, a touché un montant total de près de 3,55 millions $ en 2017, par rapport à 2,82 millions $ en 2016.

Près de 10 M $ en rémunération pour les dirigeants de la Caisse de dépôt

Les six plus hauts dirigeants de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ont touché une rémunération globale d’environ 10 millions $ en 2017, soit une somme légèrement inférieure à l’année précédente.

Il s’agit toutefois d’une tendance différente à celle des primes versées aux 1093 employés et cadres du gestionnaire de régimes de retraite au Québec et à l’étranger, qui ont totalisé 79,5 millions $, en hausse de 11,4%.

Ces informations figurent dans le plus récent rapport annuel du bas de laine des Québécois, qui a été déposé mardi après-midi à l’Assemblée nationale. L’an dernier, la paye totale des six principaux patrons de la CDPQ avait été de 11 millions $.

Même si ses conditions de rémunération directe sont demeurées les mêmes, le président et chef de la direction, Michael Sabia, a touché un montant total de près de 3,55 millions $, par rapport à 2,82 millions $ en 2016.

Ce bond d’environ 26%, ou de 730 000 $, est attribuable au versement d’une rémunération incitative différée de 1,85 million $.

En 2014, le grand patron de la CDPQ avait choisi de différer 1,5 million $ — une somme qui a fructifié en raison des rendements générés par la Caisse sur trois ans — ce qui lui a permis de réaliser un rendement de 348 918 $.

M. Sabia a reçu un salaire de base de 500 000 $, une prime de 1,16 million $ ainsi qu’une «autre rémunération» de 40 000 $, soit les mêmes montants qu’en 2016.

«Malgré cette performance que le conseil d’administration considère supérieure à celle de 2016, M. Sabia a demandé que sa rémunération incitative soit maintenue au même niveau que celle pour l’exercice 2016», fait-on valoir dans le rapport.

Au total, les principaux dirigeants de la Caisse ont choisi de différer environ 5,16 millions $. En ce qui a trait à M. Sabia, il s’agit d’un montant de 1,74 million $.

En dépit de l’augmentation du montant qui lui a été versé, le dirigeant de la Caisse a reçu une paye totale moins élevée que les patrons des trois autres grandes caisses de retraite au pays, soit le régime de retraite des employés municipaux de l’Ontario, le régime de retraite des enseignants de l’Ontario et l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada.

C’est le premier vice-président, Infrastructures et dirigeant de CDPQ Infra, Macky Tall, qui a reçu le deuxième montant global le plus élevé, à 2,11 millions $. De cette somme, près de 660 000 $ sont attribuables à des versements différés.

Plus d’employés, plus de primes

Pour 2017, la CDPQ a affiché un rendement de 9,3% — sa meilleure performance en quatre ans —, dépassant d’un dixième de point de pourcentage l’indice de référence de 9,2%. Son actif net atteignait 298,5 milliards $, ce qui constitue une progression de 27,5 milliards $ sur un an.

Sur un horizon de cinq ans, le rendement annualisé du gestionnaire de régimes de retraite s’est élevé à 10,2%.

Des 1093 employés de la CDPQ en date du 31 décembre, 94 se trouvaient dans ses neuf bureaux à l’étranger, qui sont situés à Washington, New York, Mexico, Paris, Londres, Shanghai, Singapour, New Delhi ainsi que Sydney.

Le rendement sur cinq ans de l’institution, combiné à la progression de l’effectif — 147 personnes supplémentaires — expliquent pourquoi les primes ont atteint 79,5 millions $, a expliqué le directeur principal des relations avec les médias, Maxime Chagnon.

«Malgré tout, la prime moyenne par employé a reculé de 2,7%, a-t-il dit au cours d’un entretien téléphonique. Les embauches, c’est une bonne nouvelle. Ce sont de bons emplois dans le secteur financier montréalais. Ce sont des étudiants qui sortent des universités et qui demeurent ici plutôt que d’aller à Toronto.»

Étant donné qu’il y a davantage d’employés à la Caisse, les salaires et avantages sociaux ont totalisé 331 millions $, en hausse de 16,6%.

La Caisse a par ailleurs signalé dans son rapport annuel que la croissance des embauches pourrait ralentir étant donné que le virage international est bien amorcé.

«Au terme de cette phase qui s’achèvera sous peu, le conseil a confiance que l’organisation disposera d’un niveau de ressources adéquat pour développer de nouveaux partenariats, saisir de nouvelles opportunités et viser de nouvelles géographies», est-il indiqué.

L’effectif de la CDPQ ne tient pas compte des 1400 personnes qui travaillent au sein de ses filiales immobilières Cambridge et Otéra Capital ainsi que chez CDPQ Infra, qui pilote le projet du Réseau express métropolitain.