La rareté de la main-d’œuvre n’est pas un mirage dans la région de Québec. Le nombre de postes non comblés ne cesse de croître et les besoins en main-d’œuvre sont de plus en plus criants, note l’organisme Québec International.

Préoccupante pénurie de main-d’œuvre à Québec

Québec a enchaîné les records en 2018 sur le marché du travail. Le taux de chômage, l’emploi et la population active ont atteint des résultats historiques. Une situation jugée «préoccupante».

Mardi, Québec International (QI) a dévoilé son analyse du marché pour la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec.

Sans surprise et au grand dam des entrepreneurs, le taux de chômage pour la dernière année a atteint le seuil historique de 3,8 %, permettant à la RMR de Québec de conserver sa couronne des régions métropolitaines du Canada. 

«Le besoin de main-d’œuvre demeure bien ancré dans la réalité des entreprises de la région», mentionne dans son rapport l’équipe économique de QI, estimant qu’il s’agira du principal enjeu pour plusieurs patrons en 2019. 

Cette situation pourrait même venir freiner la croissance de certaines compagnies sur le territoire, prévient l’organisme.

Déjà, au cours des derniers mois, plusieurs restaurateurs de Québec comme les propriétaires du Brigantin, sont sortis dans les médias pour annoncer qu’ils devaient revoir leurs heures d’ouverture ou même fermer boutique en raison d’un manque de personnel.

Signe que la rareté de la main-d’œuvre n’est pas un mirage, au troisième trimestre de 2018, près de 20 000 postes étaient vacants dans les régions administratives de la Capitale-Nationale (12 220) et de la Chaudière-Appalaches (7470), soit environ le double par rapport au troisième trimestre de 2015.

«Le nombre de postes non comblés ne cesse de croître», s’inquiète QI. «Les besoins en main-d’œuvre sont de plus en plus criants», poursuivent les responsables. 

Mardi, seulement sur le site d’Emploi-­Québec, 5021 postes étaient à pourvoir dans la Capitale-­Nationale et 2888 en Chaudière-Appalaches.

Le marché du travail a enregistré une progression de 9800 emplois dans la RMR de Québec, qui couvre essentiellement le territoire des villes de Québec et de Lévis, pour atteindre un sommet historique de 452 600. C’est le secteur des services qui a affiché la meilleure mine (+ 3100).  

«Cette croissance est due, entre autres, à la performance de l’industrie de l’information, de la culture et des loisirs, à celle des services d’enseignement ainsi qu’à celle du commerce de détail», explique QI.

L’industrie de la construction (+ 2600), avec une augmentation du nombre de chantiers dans la région — on peut penser au développement du Grand Marché de Québec ou au réaménagement de l’hôpital de l’Enfant-Jésus —, ainsi que l’industrie manufacturière (+ 1200) ont aussi tiré leur épingle du jeu, contrairement au secteur de la santé qui a enregistré un recul.

Pour le secteur manufacturier, la valeur du huard favorable semble avoir contrebalancé les incertitudes liées aux renégociations de l’accord Canada-États-Unis-Mexique, répond QI pour expliquer cette bonne performance.

Du boulot pour tout le monde

Le manque de talents disponibles dans la région s’est avéré salutaire pour toutes les tranches d’âge de travailleurs. La dernière année a été marquée par une hausse de 3900 emplois chez les gens âgés de 25 à 54 ans. La situation est similaire pour les personnes plus proches de l’âge de la retraite. Le taux d’emploi chez les 55 ans et plus est passé de 32,4 % à 33,9 %.

Pour information, c’est dans le secteur privé que se sont créés le plus de nouveaux postes (2500) dans la région de Québec. Du côté du secteur public, un recul de 2700 emplois a été observé.

Par ailleurs, le nombre d’emplois à temps plein, qui a représenté 81 % des nouveaux postes, a crû de 2,2 % en 2018 et l’emploi à temps partiel a bondi de 2,5 %.

Quant à la population active, celle-ci a grimpé de 8500 individus, permettant de dépasser les 470 000.

En 2019

Et maintenant, à quoi doit-on s’attendre pour 2019, car tout semble indiquer que les patrons à la recherche de nouveaux cerveaux ne sont pas au bout de leurs peines?

«Bien qu’il sera ardu de compresser davantage le taux de chômage, nous pourrions tout de même observer une faible création d’emplois en 2019 s’appuyant, notamment, sur le démarrage d’imposants chantiers de construction qui pourrait stimuler l’embauche», souligne QI. 

Parmi les développements à venir, on peut penser au projet du complexe Le Phare, à Sainte-Foy, et au nouveau siège social de 20,6 millions $ de l’entreprise Panthera Dental dans l’Espace d’innovation Chauveau.

«Cependant, le scénario de la stagnation ne doit pas être écarté et certains analystes prévoient même un recul. Une situation préoccupante qui justifie l’intensification des efforts pour accroître la participation aux marchés du travail de certaines strates de population et pour attirer et retenir dans la région des talents, entre autres, par le biais du recrutement international», conclut l’organisme.