Le président et chef de l’exploitation chez Premier Tech, Jean Bélanger.

Premier Tech mise sur le numérique

Jusqu’à maintenant, Premier Tech n’avait démontré aucun appétit (ou presque) pour des acquisitions dans le domaine numérique. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Elle vient d’avaler l’entreprise Manevco Management, située à Bromont, au Québec.

«Notre planification stratégique sur l’horizon 2023 a identifié les aspects numériques comme étant au cœur du futur de Premier Tech», avance Jean Bélanger, président et chef de l’exploitation. «L’acquisition de Manevco vient s’ajouter à la création récente de notre unité d’affaires Premier Tech Digital et agira comme un moteur de la transformation numérique de nos offres et produits dans nos divers métiers et segments de marchés», poursuit-il.

Les 25 employés de Manevco Management, qui conserveront leur chaise à Bromont, viennent s’ajouter à la famille Premier Tech qui compte maintenant 4500 travailleurs, dont 1300 sont en poste au siège social de Rivière-du-Loup. Son personnel est réparti  dans 25 pays.

Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.

Spécialisée dans la conception et l’implantation de solutions connectées, Manevco Management brasse des affaires au Québec, aux États-Unis, en Europe, en Afrique du Nord et en Asie. Le produit phare de cette entreprise permet de suivre et de documenter en temps réel la transformation en usine des matières premières en produits finis.


« C’est une offre qui se marie bien avec notre type de clientèle. [...] Ce produit va aider les entreprises à améliorer la performance de leurs installations »
Jean Bélanger, président et chef de l’exploitation chez Premier Tech

Intégration

Premier Tech souhaite maintenant intégrer rapidement dans son portefeuille cette nouvelle offre de service, notamment dans ses divisions équipements industriels et technologies environnementales. À terme, la direction souhaite déployer cette technologie dans tous ses segments de marché.

«C’est une offre qui se marie bien avec notre type de clientèle. Il y a un besoin pour ça. Ce produit va aider les entreprises à améliorer la performance de leurs installations», explique au Soleil M. Bélanger.

À titre d’exemple, cette technologie pourrait entre autres suggérer à un patron de choisir un nouveau moment pour procéder aux mises à jour de ses lignes d’emballages. Ou, lui fournir des pistes de solutions pour diminuer son temps de cycle.

Si tout se déroule comme prévu, Premier Tech devrait ouvrir de nouveau son carnet de chèques d’ici la fin de son exercice financier, soit la fin février. Une ou deux autres transactions devraient se concrétiser.

Mais motus et bouche cousue pour le moment sur ces acquisitions. Elles ne seront toutefois pas réalisées dans le domaine numérique, prévient le patron qui souhaite bien intégrer Manevco avant de signer de nouvelles ententes.

Grâce à cette transaction, une trentaine de personnes travaillent maintenant au sein de la nouvelle unité d’affaires Premier Tech Digital.

Au cours des dernières années, Premier Tech a réalisé plusieurs acquisitions à travers le globe. Elle a notamment acheté pour des millions de dollars les compagnies Kockums Bulk Systems (Océanie) et Swabo Machinebouw & Toelevering (Pays-Bas).

Premier Tech, qui a réalisé l’an dernier des ventes d’environ 800 millions $, brasse des affaires dans le domaine de l’horticulture et de l’agriculture, des équipements industriels et des technologies environnementales. La compagnie possède 44 usines dans 15 pays.

Comme plusieurs autres entreprises au Québec, elle doit parfois sortir les griffes pour dénicher de la main-d’œuvre qualifiée.

«Le marché est tight. Cela demeure un défi important, surtout avec notre croissance. Nous n’arrivons pas à embaucher au rythme de nos besoins. Nous recrutons à l’étranger, mais cela arrive au compte-goutte, car le processus est long et sinueux», conclut M. Bélanger, dont l’entreprise réalisera prochainement une tournée à travers des villes québécoises pour dénicher de nouveaux talents.