Premier Tech dispose même d'une boutique de vêtements dans ses locaux.

Premier Tech, la cité dans la cité

Il y a la municipalité de Rivière-du-Loup, mais il y a également «une petite ville» dans Rivière-du-Loup baptisée Premier Tech.
Premier Tech possède également un café, avec des repas pour emporter.
Chaque jour, près de 1100 cerveaux fourmillent sur le site de l'entreprise où on retrouve notamment une boutique de vêtements, un centre de la petite enfance et un café, avec des repas pour emporter. 
En collaboration avec les compagnies des alentours, Premier Tech offre aussi à ses «équipiers» un service d'entretien pour leur véhicule ainsi que leur vélo. À une autre époque, ce fleuron allait même jusqu'à retourner les films loués par les travailleurs. Comme quoi tous les moyens sont bons pour dénicher la perle rare.  
Attirer le talent
Et le centre d'entraînement, il est prévu pour quand? «Le projet est sur la table», indique au Soleil Jean Bélanger, actionnaire et président depuis 1999. «Notre plus gros défi est d'attirer le talent au rythme de notre croissance. Nous aurions probablement fait encore mieux cette année si nous avions eu la main-d'oeuvre nécessaire», poursuit-il. 
Signe que le défi est de taille, en 2016, Premier Tech a dû recruter 680 personnes à travers le monde, dont 175 à Rivière-du-Loup.
«Le Campus, c'est une petite ville. Nous faisons notre propre distribution d'eau et nous réalisons le traitement de nos eaux usées. Nous sommes également responsables des rues, des trottoirs et du réseau électrique. Tout le réseau de distribution à partir de l'entrée du Campus nous appartient», poursuit-il, notant que le site compte une quinzaine de bâtiments. 
Afin d'appuyer la forte croissance de la compagnie, Premier Tech a prévu investir 21 millions $ en 2017 pour agrandir le réseau routier de son Campus, la construction d'un immeuble à bureaux de trois étages et l'agrandissement d'une usine de sa division Groupe Équipements Industriels. Et il reste encore près de 50 millions $ dans son enveloppe budgétaire pour réaliser d'autres travaux sur ses infrastructures ou procéder à des acquisitions au cours des prochaines années.   
Depuis qu'il est à la tête de la multinationale, M. Bélanger a réalisé plus d'une trentaine d'acquisitions à travers le monde. Il a également développé et exploité de nouveaux secteurs d'affaires. Rappelons que la tourbe de mousse de sphaigne a longtemps été le principal gagne-pain de la société. Aujourd'hui, les trois secteurs d'activités sont l'horticulture et l'agriculture, les équipements industriels et les technologies environnementales. «Tout cela provient de nos origines dans la tourbe», note l'homme d'affaires.  
Une croissance à faire rougir
D'ici février 2020, la cible du grand patron est très précise. Premier Tech, qui a enregistré environ 720 millions $ de revenus pour son dernier exercice financier, souhaite franchir le cap du milliard de dollars. Dans son plan stratégique, si la tendance se maintient, l'entreprise prévoit embaucher près 300 nouveaux visages, et ce, seulement pour répondre aux besoins des installations de Rivière-du-Loup. 
«Depuis 27 ans, nous avons une croissance annuelle de 10,5 %», avance M. Bélanger. De quoi faire rougir certains compétiteurs. «Grandir à deux chiffres sur plusieurs décennies, c'est extraordinaire!»
Pour l'heure, cette grande famille compte 3600 travailleurs répartis dans 24 pays. L'entreprise privée possède 41 usines dans 14 pays. Et d'autres acquisitions pourraient avoir lieu.
«Pour nous, une acquisition, c'est une opportunité pour déployer nos produits et nos technologies ainsi que d'acquérir de nouveaux produits», souligne M. Bélanger, précisant que la compagnie a réalisé cinq acquisitions au cours des derniers mois. Elle a entre autres avalé pour 30 millions $ deux entreprises d'Europe et une aux États-Unis. «Il y a toujours des dossiers qu'on regarde. Lorsqu'on achète, c'est pour la vie», poursuit-il. Ce dernier ne cache pas qu'il a un oeil plus attentif pour la Chine, l'Inde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. «D'ici le début de l'été, un ou deux dossiers pourraient aboutir.»
Premier Tech, qui a vu le jour en 1923, réalise 45 % de ses revenus dans son secteur horticulture et l'agriculture, 35 % avec ses activités industrielles et 20 % avec sa division environnement. Environ 65 % des ventes se font à l'extérieur du Canada.