Postes vacants au pays: bond de près de 40 %

Entre les mois de novembre 2016 et 2017, le nombre de postes vacants au Canada a bondi de près de 40 %. Quant au nombre de personnes sans emploi qui pourraient occuper ces postes vacants, il ne cesse de fondre comme neige au soleil.

Une situation qui cause évidemment de sérieux maux de tête aux entreprises qui ne savent vraiment plus à quel saint se vouer pour trouver tout le personnel dont elles ont besoin pour poursuivre leurs activités.

En manque de bras et de cerveaux, des compagnies doivent reporter l’exécution de contrats pour des clients. Pire encore, elles doivent en refuser.

«En novembre 2017, seulement quatre chômeurs étaient répertoriés au Canada pour chaque poste vacant», constate l’économiste principal du Mouvement Desjardins Benoit P. Durocher.

«Cela correspond au niveau le plus faible depuis la création de ces données statistiques en 2011», prend-il de soin de mentionner dans une nouvelle économique publiée jeudi.
Au Québec, le ratio de chômeurs par poste est inférieur à la moyenne canadienne. Il est de 3,8 chômeurs par poste vacant.

Ce ratio est encore plus bas en Colombie-Britannique (2,2 chômeurs par poste vacant). C’est à Terre-Neuve-et-Labrador qu’il est le plus élevé (14,9 chômeurs par poste vacant).

S’inspirant des données colligées par Statistique Canada — notamment à partir de son enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail et celle portant sur les postes vacants au pays — le Mouvement Desjardins fait la démonstration que les temps sont vraiment durs pour les employeurs.

En effet, le nombre de postes vacants est passé de 217 700 à 299 300 de novembre 2016 à novembre 2017. Une hausse qui frôle 40 %. Précisons qu’un poste est déterminé vacant lorsqu’il n’est pas pourvu et que le travail pourrait débuter dans les 30 jours.

Si le nombre de postes vacants grimpe en flèche, le nombre de chômeurs, lui, prend carrément la tendance inverse.

«Il est passé de 1 357 900 en novembre 2016 à 1 209 100 en novembre 2017. Il s’agit d’une réduction de plus de 10 %», signale Benoit P. Durocher en rappelant que le taux de chômage au Canada avait diminué significativement au pays au cours des derniers mois. Il a même affiché un creux historique (5,8 %) en décembre dernier. Du jamais vu depuis 1976. Dans la région de Québec, le taux de chômage plongeait à 3,3 % en janvier.

Pour l’économiste principal du Mouvement Desjardins, cette situation est la résultante d’une économie canadienne vigoureuse depuis le milieu de l’année 2016.

«Évidemment, ça met de la pression sur les entreprises qui doivent ajuster leur politique salariale afin qu’elles deviennent plus attractives.»