Parmi les maisonnées délaissées par le facteur sur l'avenue Royale à Beauport, il y a l'historique demeure du couple Chamard-Bergeron.

Postes Canada: pas de trottoir, pas de courrier

Tout près d'une centaine de boîtes aux lettres résidentielles du secteur Beauport ne seront plus alimentées par les postiers jusqu'à nouvel ordre. Les malchanceux propriétaires ont malencontreusement élu domicile sur la rive sud de l'avenue Royale, celle qui n'a pas de trottoir...
Comme dans plusieurs rues hors des centres-villes, la bande de béton réservée aux piétons n'a été déroulée que d'un côté de la chaussée, observe un porte-parole de Postes Canada, Philipe Legault. Et l'hiver, il neige. Il y a peu, un facteur a eu une bonne frousse en tentant de livrer les précieuses enveloppes; une voiture l'a presque fauché alors qu'il tentait de contourner les monts blancs en bordure de la route. «Ce n'est certainement pas un milieu sécuritaire.»
«Temporairement», la livraison du courrier est donc interrompue, note M. Legault. «Ça touche
89 adresses sur l'avenue Royale.»
Parmi les maisonnées délaissées, il y a l'historique demeure du couple Chamard-Bergeron. «Le problème, c'est qu'on n'a pas de courrier à la porte depuis une dizaine de jours», déplore Louise Chamard. «Non seulement on n'avait pas de courrier, mais on ne savait pas où ça traînait.»
Voilà près de 40 ans qu'ils bichonnent leur vénérable maison. «On avait toujours eu notre courrier depuis qu'on est ici.»
Lundi, après plusieurs jours sans lettres et plusieurs appels tombés dans le vide, ils ont reçu la visite d'un superviseur de Postes Canada. Celui-ci avait une note officielle à leur remettre : «Nous avons procédé à une évaluation de la sécurité de la livraison du courrier à plusieurs adresses situées le long de l'avenue Royale, dont la vôtre. Dans le cadre de cette évaluation, nous voulons déterminer si et comment le trafic et l'absence de trottoirs sur l'avenue Royale se répercutent sur la sécurité de votre agent de livraison de Postes Canada.»
Analyse de risque
Il faudra «quelques semaines» pour terminer l'analyse. Les Chamard-Bergeron devront donc, comme leurs voisins, sortir pour récupérer leurs lettres dans une pharmacie, à deux kilomètres. Mardi, quand nous avons appelé à cette pharmacie, la préposée du comptoir postal ne savait toujours pas quel sera son rôle dans l'histoire ni quand elle recevra les lettres...
Robert Bergeron est mécontent d'avoir à se déplacer pour cueillir son courrier. Il concède toutefois un point à Postes Canada : «Il y a plus de circulation qu'il y avait avant sur l'avenue Royale.»
Le temps d'évaluer le risque pour les facteurs, Postes Canada pourrait toutefois trouver une autre solution afin de déposer les lettres de porte en porte, juge-t-il. Pourquoi ne pas livrer les lettres en camion? demande-t-il en soulignant que le superviseur a livré les avis d'interruption de service postal en camion.
Le président de la section locale du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Alain Ferland, souligne justement que le petit camion avec une porte à droite est généralement utilisé en pareilles circonstances. Le véhicule immobilisé protège le personnel.