Depuis des années, les lettres, les factures passent de moins en moins par la poste. De plus, il s'ajoute 200 000 nouvelles adresses que la société doit desservir en modifiant ses parcours et en augmentant ses coûts.

Postes Canada au bord du gouffre financier

Le budget de Postes Canada prend de plus en plus la couleur des boîtes de la société d'État, le rouge. Depuis des années, les lettres, les factures passent de moins en moins par la poste.
Pire encore, chaque année il s'ajoute 200 000 nouvelles adresses que la société doit desservir en modifiant ses parcours et en augmentant ses coûts. Moins de revenus, plus de coûts font en sorte que le déficit annuel prévu pour 2020 est de l'ordre d'un milliard de dollars.
Ce chiffre d'un milliard correspond aussi au nombre de lettres en moins dans le réseau entre 2006 et 2012. Postes Canada n'a plus le choix. Son actionnaire, le gouvernement canadien est clair : la société d'État doit être viable le plus rapidement possible et surtout ne pas être un fardeau pour les contribuables du pays.
«Il ne peut y avoir de solution unique», explique Sophie Ouellet, directrice générale des ventes pour l'est du Canada, chez Postes Canada. «Il n'est pas trop tard, mais nous devrons agir rapidement.» La demande du gouvernement d'être rentable, n'est pas une suggestion, mais bel et bien une obligation pour Postes Canada, dont les représentants étaient à Sainte-Foy récemment pour écouter les commentaires et les doléances de ses clients.
«Nous venons de terminer une tournée dans 30 villes canadiennes pour écouter les utilisateurs, les entreprises comme les gens du public, afin d'écouter leurs commentaires et leurs suggestions, car les entreprises utilisent la poste d'une manière bien différente que le citoyen.»
Des besoins diversifiés
Or, Postes Canada doit répondre aux exigences et aux besoins du citoyen comme de l'entrepreneur. Au fil des ans, les expéditeurs de courrier comme les entreprises de services publics, par exemple le fournisseur de la télédistribution, du téléphone, de l'électricité, même les émetteurs de cartes de crédit ont utilisé des incitatifs pour que les clients passent de la facture papier à la facture électronique, sinon des frais seraient ajoutés au paiement mensuel.
«Lorsqu'une personne faire le choix de la facture électronique et du paiement électronique, souligne Mme Ouellet, elle ne revient pas sur sa décision de ne plus utiliser la poste.»
Au fil des ans, le commerce électronique a pris plus de place de sorte que la livraison de colis est venue compenser une partie des pertes des revenus de la livraison de lettres. Il y a toujours les circulaires, les magazines et la publicité, mais ce n'est pas suffisant pour maintenir le budget au-dessus de la ligne du déficit.
Même la mécanisation des opérations, la diminution des effectifs par attrition lors des départs à la retraite, les regroupements de cases postales pour une série de résidences au lieu de livrer à toutes les portes dans les nouveaux quartiers ne suffisent plus à assurer la rentabilité de la société.
«Après cette tournée canadienne, avec les commentaires et les suggestions reçus par l'entremise de notre site Web, poursuit Mme Ouellet, nous commençons notre analyse pour prendre les mesures qui s'imposent. Dans la prochaine année, nous devrons expliquer à notre actionnaire, le gouvernement canadien, les moyens que nous prendrons pour demeurer viables.»
Le temps presse pour refermer le gouffre financier et Mme Ouellet assure que les commentaires et les suggestions seront analysés avec le plus grand sérieux pour faire ressortir les points communs et trouver des pistes de solutions qui ramèneront Postes Canada au seuil de la rentabilité.