La ministre Kathleen Weil et le pdg de Québec International, Carl Viel, lors de l'annonce, en mars 2017, de l'octroi d'un budget de 205 000 $ à l'organisme de développement économique pour favoriser l'établissement d'étudiants étrangers à Québec.

Portes ouvertes VIP pour les étudiants internationaux

Deux solitudes se côtoient dans la région de Québec. Celle des employeurs. Celle des 6000 étudiants étrangers fréquentant les cégeps et les universités.

Québec International a donc décidé de jouer à l’entremetteur.

L’organisme de promotion économique propose le Programme 10x10.

Il s’agit, en d’autres mots, d’opérations portes ouvertes VIP dans dix entreprises des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches pour des étudiants provenant d’un peu partout sur la planète.

Pendant une journée, durant la semaine de relâche, dix entreprises accueilleront dix étudiants internationaux dans leurs murs.

En matinée, ces derniers rencontreront les patrons de l’entreprise et visiteront les installations. Les étudiants pourront être jumelés, pendant quelques heures, à des travailleurs.
Le midi, tout le monde cassera la croûte ensemble.

En après-midi, les spécialistes des ressources humaines des entreprises entreront dans la danse. Ils entretiendront les visiteurs des opportunités d’emploi à court et à moyen terme au sein de l’entreprise.

«Ces visites pourraient déboucher sur des embauches. Qui sait ? C’est ce que l’on souhaite en tout cas», indique Marie-Josée Chouinard, directrice de l’attraction des talents et de la rétention des étudiants étrangers chez Québec International.

«Des emplois permanents ou encore des emplois à temps partiel, le temps que les gens terminent leurs études», précise Mme Chouinard, en soulignant que les employeurs oublient trop souvent qu’ils peuvent faire appel à des étudiants internationaux — même si ces derniers n’ont pas leur permis de travail en poche — pour occuper un poste à temps partiel pendant qu’ils fréquentent le cégep ou l’université. «Ils peuvent travailler jusqu’à 20 heures par semaine pendant leurs études. Et à temps plein pendant l’été.»

Une main-d’oeuvre hautement qualifiée

En mars dernier, la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion de l’époque, Kathleen Weil, annonçait l’octroi d’un budget de 205 000 $ à Québec International afin d’augmenter de 300 à 500, au cours des trois prochaines années, le nombre de certificats de sélection du Québec qui seront délivrés à des étudiants étrangers fréquentant les cégeps et les universités des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Ce document administratif fait partie du parcours de l'immigrant qui veut établir ses pénates ici.

Pour retenir les étudiants étrangers dans notre coin de pays, il faut d’abord que les employeurs ouvrent leurs yeux et constatent qu’un bassin de main-d’oeuvre demeure encore trop inexploité. Une main-d’oeuvre hautement qualifiée et déjà établie sur le territoire de la Belle Province.

C’est un non-sens dans une région affichant un taux de chômage de 3,9 % que les employeurs lèvent le nez sur les étudiants internationaux. «Il faut rappeler que 92 % des étudiants étrangers possèdent un niveau de français intermédiaire ou avancé», insiste Marie-Josée Chouinard en signalant que 5000 des 6000 étudiants internationaux sont inscrits à l’Université Laval.

Les chiffres ne mentent pas. La région de Québec va manquer de bras et de cerveaux. Il n’y aura bientôt que huit personnes pour remplacer dix travailleurs qui lèveront les feutres pour partir à la retraite.

«Les dirigeants d’entreprise doivent prendre conscience du potentiel de la main-d’oeuvre venant de l’étranger et formé dans les établissements d’enseignement québécois», martèle Mme Chouinard en soulignant que les entreprises régionales répondaient admirablement bien à l’appel à tous lancé par Québec International afin qu’elles s’inscrivent au Programme 10x10.

«Nous devons aider les étudiants étrangers à se familiariser avec le marché de l’emploi dans la capitale. Leur faire connaître les milieux de travail, l’inventaire des métiers et des professions pour lesquels il y a des postes à pourvoir.  Évidemment, ils ne choisiront pas tous de rester avec nous, mais rappelons-nous que pour ceux et celles qui veulent prendre racine ici, le marché du travail constitue souvent est une montagne infranchissable.»