Le pdg du Port de Québec, Mario Girard, croit que le projet Laurentia permettra au port de rattraper son retard sur les autres installations portuaires de la côte est américaine.

Port de Québec: des investissements records en 2018

L’année 2018 aura été une année record en matière d’investissements au Port de Québec. Au total, ce sont 170 millions $ qui y ont été investis, dont 70 millions $ par l’Administration portuaire de Québec. Le PDG du Port de Québec, Mario Girard, a dévoilé ces données lors de la réunion publique annuelle de l’administration portuaire.

«Je ne sais pas combien était le précédent record, mais on ne se trompe pas en disant qu’on l’a dépassé de beaucoup», a affirmé M. Girard en point de presse, qualifiant la dernière année d’historique. Ce sont deux projets majeurs qui accaparent ces investissements : le terminal maritime d’exportation de grains, dans lequel 110 millions $ ont été investis, et le second terminal de croisières, qui a drainé 30 millions $ d’investissements. Les 30 millions $ restants ont servi à réparer certains quais et à d’autres travaux.

La Coop fédérée a aussi participé de façon importante dans la construction du terminal d’exportation de grains alors que le second terminal de croisières au quai 30 sera destiné aux opérations d’embarquement et de débarquement de navires de grand gabarit.

Bonnes statistiques

M. Girard a aussi ajouté que la dernière année avait aussi été l’une des meilleures en matière de vrac liquide depuis dix ans et que les volumes de minerai de fer sont également à la hausse. Au chapitre des croisières internationales, le Port de Québec a atteint un sommet de 230 940 visiteurs après avoir pour la première fois franchi la barre des 200 000 en 2017. «De plus, Québec a été déclarée meilleure destination de croisière pour les croisières qui partent des États-Unis par le site Cruise Critic ainsi que la troisième meilleure destination de croisière au monde. La venue du navire Disney Magic a aussi eu un impact : elle amène une nouvelle clientèle, de jeunes familles et de jeunes aventuriers, une clientèle que l’on visait depuis longtemps», poursuit le PDG.

M. Girard estime aussi que le projet de terminal de conteneurs Laurentia devrait permettre au Port de Québec de rattraper une partie du retard qu’il a sur les autres ports de la côte est. «Les ports de Montréal, Halifax, New York et de la Virginie ont déjà investi massivement pour l’ouverture en 2016 du canal de Panama aux bateaux de 15 mètres de profondeur et l’apport canadien est bien inférieur à la hausse du marché de référence. Aller chercher une partie de cette croissance-là a drôlement intéressé Hutchison Ports, notre partenaire dans le projet Laurentia», explique-t-il en ajoutant que le marché du Sud-Est asiatique serait aussi à la portée du Port de Québec.

«Ce marché va beaucoup vers New York alors que Montréal et Halifax ne sont pas disponibles pour le desservir. On a fait des études et on pourrait aller en chercher une partie parce qu’on est extrêmement compétitifs. Par exemple, pour un conteneur qui arrive de Singapour, on est capable d’offrir des prix compétitifs par rapport à New York», souligne Mario Girard.

Expansion à Lévis

Par ailleurs, en réponse à une question de la directrice générale de la Chambre de commerce de Lévis, Marie-Josée Morency, Mario Girard a indiqué que le Port avait l’intention d’acheter d’ici quatre ans les 271 hectares de terrains sur lesquels il a une option d’achat à Lévis. «Le c.a. et la direction sont unanimes : ce terrain-là est stratégique. Il est presque aussi grand que nos installations actuelles. Après Laurentia, l’ensemble du développement du Port se fera sur la rive sud du fleuve», a-t-il assuré.

Même s’il répète que ce terrain fait partie «du futur du Port de Québec», M. Girard n’a cependant pas donné d’échéancier précis, ajoutant qu’aucun projet n’était encore arrêté. L’endroit pourrait servir, entre autres, à développer un pôle logistique ou pour faire de la transformation à valeur ajoutée.