La carrière de Massangis, l’un des quatre sites acquis par Polycor

Polycor pose une première pierre en Europe

Le producteur de pierres naturelles de Québec Polycor fait une percée en Europe en achetant quatre carrières de calcaire en France. Il pose ainsi la première pierre pour bâtir un tout nouveau marché dans les prochaines années.

«On est les plus gros aux États-Unis et au Canada. Ça faisait un moment qu’on réfléchissait à s’implanter en Europe. À la fois pour ouvrir un nouveau front de croissance, mais aussi avoir une implantation locale pour promouvoir nos pierres nord-américaines sur le marché architectural là-bas», explique Patrick Perus, le chef de la direction de Polycor.

Les sites, situés en Bourgogne, appartenaient à Rocamat, qui a été placée en redressement judiciaire à l’automne 2017. Polycor achète 4 de ses 30 carrières et prend une participation minoritaire dans l’entreprise. Polycor et Rocamat ont fait partie du même groupe il y a quelques années.

La transaction se chiffre à 2 millions d’euros — plus 1 million d’euros pour renouveler l’équipement et les infrastructures, soit un total d’environ 4,6 millions $CAN, détaille M. Perus. «Rocamat s’est restructuré financièrement. […] Cette transaction-là leur permet de se rebâtir pour l’avenir.»

La transaction permet de rappeler au travail 18 employés de Rocamat.

Le chef de la direction de Polycor, Patrick Perus

Polycor n’entrevoit pas pour l’instant de faire d’autres emplettes parmi les propriétés de Rocamat. Mais d’autres acquisitions auront lieu en Europe.

Devenir le leader mondial

«L’ambition de Polycor c’est de devenir le leader mondial de la pierre naturelle. Pour nous ça veut dire s’imposer à la fois en Amérique du Nord et en Europe, qui sont les deux plus grands marchés», précise M. Perus.

Le chiffre d’affaires actuel en Amérique du Nord atteint les 200 millions $. «On peut imaginer qu’un jour, d’ici 10 ans, on puisse faire 200 millions en Europe aussi», entrevoit le dirigeant.

Pour l’instant, cette acquisition devrait faire grimper les revenus de 2 à 3 %. M. Perus affirme que l’intérêt pour le matériau noble et vert qu’est la pierre naturelle est en croissance.

Les pierres extraites des carrières françaises acquises — dont celle de Massangis —, «ont servi à construire ou rénover des bâtiments en France depuis des siècles, dont des sites emblématiques tels que le Musée du Louvre, la Fondation Louis Vuitton, le palais de Chaillot et la base de la tour Eiffel», indique l’entreprise.

Les pierres extraites des carrières françaises acquises — dont celle de Massangis —, «ont servi à construire ou rénover des bâtiments en France depuis des siècles, dont des sites emblématiques tels que le Musée du Louvre, la Fondation Louis Vuitton, le palais de Chaillot et la base de la tour Eiffel», indique l’entreprise.
La fondation Louis Vuitton

«Ce sont des pierres multicentenaires, connues de tous, alors ça rajoute du prestige à notre portfolio», ajoute M. Perus en entrevue. Polycor a déjà des projets dans le pays, comme la rénovation de la Grande Arche de la Défense.

Les clients canadiens et américains profiteront aussi de la transaction, puisqu’ils pourront désormais s’approvisionner en calcaire français sous toutes ses formes — tranches, tuiles, projets sur mesure et blocs bruts, fait valoir Polycor.

L’entreprise ne vend pas directement aux consommateurs, mais plutôt aux designers et autres professionnels de l’industrie de la construction.

Polycor extrait et transforme des pierres pour des projets résidentiels (comptoirs de cuisine ou aménagements paysagers par exemple), commerciaux (projets architecturaux ou aménagement urbain) ou historiques (restaurations et monuments commémoratifs). «Il y a 1 cuisine sur 10 au Québec qui se fait avec nos produits», note l’homme d’affaires.

En 2016, l’acquisition des entreprises américaines Rock of Ages et Swenson Granite avait fait doubler le nombre d’employés. Il devenait ainsi le plus important groupe de production de marbre et de granit en Amérique du Nord.

À Québec pour y rester

Polycor a été fondée en 1987 à Québec et son siège social est là pour y rester. «On est une société québécoise, on est fier d’être à Québec. C’est notre identité. […] On veut se renforcer et grossir à partir d’ici», affirme M. Perus.

L’entreprise possède 34 carrières au Canada, aux États-Unis et en France, 15 usines de transformation en Amérique du Nord. Elle embauche 900 personnes.