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Patrick Perus, président de Polycor
Patrick Perus, président de Polycor

Polycor Inc. poursuit son expansion au niveau mondial

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Un an après avoir acquis Elliott Stone, un chef de file dans l’exploitation du calcaire et dans la fabrication de pierres taillées, situé à Bedford en Indiana, et deux ans après l’achat de quatre carrières de calcaire du Groupe Rocamat en France, en plus de sa fusion avec Indiana Limestone Company, Polycor Inc. poursuit son expansion sur la scène mondiale. L’entreprise québécoise a acquis la North Carolina Granite, l’un des principaux exploitants de carrières et producteurs de granit aux États-Unis.

«North Carolina Granite est une compagnie qui a plus de 125 ans d’histoire qui appartenait à un groupe d’actionnaires locaux», a expliqué M. Patrick Perus, président-directeur général de Polycor Inc. «Et quand il y a beaucoup d’actionnaires, c’est compliqué d’avoir des plans ambitieux de croissance. On connaissait cette entreprise depuis longtemps. J’avais dit à son patron que si un jour les actionnaires pensaient vendre, de d’abord m’appeler. Quand ils ont pensé que le moment était venu de le faire, ils m’ont contacté, car ça leur paraissait une bonne idée de vendre à Polycor.»

M. Perus est d’avis que Polycor Inc. était un acheteur naturel pour North Carolina Granite, car en plus d’avoir pas mal consolidé l’industrie de la pierre naturelle en Amérique du Nord, l’entreprise québécoise permettait à North Carolina Granite de s’assurer que ses opérations continueraient à être développées. 

«C’était important pour eux. White Mount Airy n’est pas une grande communauté. Les actionnaires voulaient s’assurer que les acheteurs aimaient le métier et savaient ce qu’ils faisaient, mais qu’ils étaient aussi honnêtes dans leurs intentions.»

C’est le 18 décembre que Polycor Inc a officiellement mis la main sur North Carolina Granite. Annoncée au début du mois de décembre, la vente était soumise à certaines conditions de clôture. Elle devait cependant être formellement réalisée avant la fin de 2020. Et c’est lors des prochaines semaines que s’amorceront la transition et l’intégration de la nouvelle entreprise sous le giron de Polycor Inc. Celles-ci devraient prendre quelques mois.

Cinq fois plus gros

Fondée en 1987, Polydor Inc. possède 50 carrières et 20 usines de fabrication à travers l’Amérique du Nord et l’Europe. Elle emploie aujourd’hui 1300 personnes. Même si son entreprise avait été très active au niveau des acquisitions au cours des dernières années, M. Perus a indiqué que Polycor Inc. voulait continuer à grossir et que l’Europe, où l’entreprise québécoise ne possède que quelques actifs, serait un vecteur de croissance. Le PDG a ajouté que l’aventure de Polycor Inc. était loin d’être terminée.


« On est en train de construire un leader mondial dans un domaine que personne ne connaît qui est l’extraction et la transformation de la pierre naturelle pour la construction. Je pense qu’il y a cinq ans, on avait un chiffre d’affaires qui était le cinquième de ce qu’il sera en 2021 (entre 250 et 300 millions $). »
Patrick Perus, président de Polycor,

«J’imagine que Polycor Inc. pourrait être trois fois plus gros qu’il l’est aujourd’hui dans un horizon de 5 à 10 ans. Car si dans la pierre on est très gros, on est petit au niveau des matériaux de construction, si on se compare aux entreprises qui se spécialisent dans le domaine du béton et de la brique. Et on aimerait devenir des moyens dans le marché des matériaux de construction là.»

M. Perus s’est dit convaincu que si la volonté de faire des constructions plus vertes et plus durables se concrétisait, elle passerait notamment par l’utilisation de matériaux qui ont une faible emprunte carbone, qui sont extrêmement durables, qui ont un comportement thermique qui permet de moins chauffer l’hiver et de moins refroidir l’été. Et les matériaux les plus évidents sont la pierre et le bois. C’est d’ailleurs la manière dont on faisait les constructions il y a 150 ans.

«On croit donc à l’avenir de notre produit et c’est pour cette raison que l’on a acheté la North Carolina Granite [un des principaux exploitants de carrières et producteurs de granite pour les industries de la construction, de bordures et de pierres concassées]. C’est ce que l’on pourrait appeler l’infrastructure verte, c’est-à-dire l’utilisation de la pierre naturelle dans des projets d’infrastructures.»

M. Perus a ainsi expliqué que même si à Québec, les trottoirs étaient faits en béton, les bordures, elles, étaient en granite. Pourquoi, parce que ce matériau est très dur, il ne casse donc pas s’il est frappé par une déneigeuse, qu’il ne réagit pas au sel, donc ils ne se dissout pas comme le fait le béton.

«Les bordures de trottoir durent tellement longtemps que quand la Ville refait les trottoirs, elle réutilise les mêmes bordures. Alors si on applique ça aux ponts, aux bordures d’autoroute, etc. on pourra faire des infrastructures qui sont seront beaucoup plus solides et beaucoup plus durables. Mais tout ça demande des réserves de granite. Pour nous c’est un marché qui se développe très fort aux États-Unis. On pense que ça va continuer. Et c’est la raison pour laquelle on voulait ajouter des réserves.»