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L’idée de créer l’application numérique Pokadöta est venue à Patrick Collet lors d’un souper en famille avec sa femme Christine et sa fille Jasmine.
L’idée de créer l’application numérique Pokadöta est venue à Patrick Collet lors d’un souper en famille avec sa femme Christine et sa fille Jasmine.

Pokadöta fait revivre les bons vieux films 24 ou 36 poses

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
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Il y a tout juste 20 ans, on prenait des photos sur pellicule dont on allait porter la bobine pour développer le film et tirer les photos sur papier. Avec l’avènement de la photo numérique, tout ça semble très loin maintenant. Pokadöta veut ramener cet élément de mystère que la photo argentique procurait aux gens.

Il s’agit d’une application numérique fonctionnant sur téléphone intelligent, autant sur les Android que sur les iPhone, qui fait revivre l’expérience de la photo traditionnelle. Dès que la photo a été prise avec le téléphone, elle disparaît et on ne la voit plus. Elle se loge directement dans les serveurs de Pokadöta et on ne la verra qu’au moment de la réception des 24 ou 36 photos en format 4 X 6, après que la bobine — numérique — sera épuisée. La livraison est incluse dans le coût d’achat (avant taxes) de la bobine de 9,99 $ pour une de 24 poses ou 12,99 $ pour une de 36 poses.

Pokadöta a été lancée par Patrick Collet, pilote de ligne en chômage forcé depuis un an en raison de la pandémie. Après quelques contrats de restauration de motos — Patrick Collet avait aussi démarré une entreprise de restauration de vieilles motos en café racers —, l’idée de Pokadöta a vu le jour lors d’un souper avec sa famille et son ami Clément Guitard.

«Ma fille Jasmine a un grand intérêt pour les choses vintage. Comme une dactylo des années 1960. Elle aime bien ces objets-là et elle m’a demandé : “Peux-tu me trouver une caméra à films?” Et là, je me suis dit : “Pourquoi on n’a pas ça, un truc qui prend des photos avec notre téléphone et que ça les imprime, comme dans le temps?”»

À part les appareils photo instantanés Instax de Fujifilm — qui prend des photos comme les Polaroids —, rien de tel n’existait pour les téléphones intelligents. «Après ce souper, on s’est dit que ce serait une bonne idée. Je vais faire des recherches pour voir si ça existe. Si ça n’existe pas, on se lancera.»


« Je peux regarder n’importe quelle photo imprimée que j’ai prise dans ma vie quand j’étais jeune et je me souviens exactement quand je l’ai prise. À l’inverse, je prends des photos sur mon téléphone et je me demande : “C’est quand j’ai pris ça?” »
Patrick Collet

Après un mois de recherche, Clément et Patrick en sont venus à la conclusion qu’il n’y avait rien de tel qui existait et qui reproduisait d’un bout à l’autre le flot d’utilisation d’une caméra classique. «Tu t’achètes un film, tu prends tes photos sur ton film. Et quand elles sont prises, tu ne les vois plus. Tout ça est dans ton film. Le film est terminé et c’est envoyé chez vous», dit Patrick Collet.

Appel à la mémoire

Il ajoute que la photo traditionnelle fait davantage appel à la mémoire. «Je peux regarder n’importe quelle photo imprimée que j’ai prise dans ma vie quand j’étais jeune et je me souviens exactement quand je l’ai prise. À l’inverse, je prends des photos sur mon téléphone et je me demande : “C’est quand j’ai pris ça?” Tu portes attention à ta photo, tu vas cadrer comme du monde. Tu vas t’assurer que tout est beau. On a une one shot, on va s’assurer qu’elle soit belle. Alors que dans le numérique, c’est Go! Go! Go! Go! Go!»

Sans compter que les photos numériques restent dans le téléphone et se perdent, selon lui. «Et en plus, le téléphone, c’est quelque chose de très personnel. Tu ne dis pas : “OK, prends mon téléphone et regarde mes photos!” Il n’y a pas vraiment grand monde qui fait ça.»

Éliminer les irritants

Selon Patrick Collet. Pokadöta élimine les irritants du traitement classique des photos numériques en magasin ou sur le Web. Il sait très bien que de tels services existent, comme ceux offerts par Google ou Walmart, par exemple. Mais l’expérience est totalement différente. «Parce qu’il faut que je passe à travers ma galerie d’une centaine de photos. Il faut sélectionner celles que je veux. Il faut que je les recadre. Et après, il faut que j’aille les chercher, par exemple. Pour pas mal le même prix. Très peu de gens le font finalement.»

Avec Pokadöta, les photos demeurent sur ses serveurs et elles y resteront 60 jours après l’envoi des photos imprimées. «Quand on a créé l’application pour la première version, on a gardé l’essentiel pour maximiser l’expérience. Dans les prochains mois, on pourra télécharger les photos. Quand l’utilisateur recevra ses photos imprimées, il recevra un code qui lui permettra d’aller télécharger ses photos numériques», explique l’entrepreneur. «Dans quelques semaines, les paiements avec ApplePay, GooglePay et les cartes de débit seront ajoutés. Il y aura aussi des codes de promotion et plein d’autres options.»

L’application, conçue avec la jeune firme de Québec Nexapp, a déjà enregistré quelques centaines de téléchargements juste avec le bouche-à-oreille auprès d’amis et des partages sur Facebook. Présentement, Pokadöta est accessible au Canada et aux États-Unis. Mais des ententes pour l’Europe, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont déjà conclues, selon Patrick Collet.

Enfin, l’application Pokadöta pourrait être utile lors de soirées entre amis ou des soupers en famille, quand il sera possible d’en refaire. «On a des plans aussi pour l’événementiel, comme les mariages... On peut prendre un film sur tout un été, mais aussi en dedans d’une soirée», conclut-il.

Sur le Web : pokadota.photos