«Il y a une belle croissance en télévision et en animation. La valeur de la production d’œuvres d’animation et de fiction en télévision a augmenté de 16 %», fait valoir Nancy Florence Savard, présidente de la Table de concertation de l’industrie du cinéma et de la télévision de la Capitale-Nationale.

Plus de télé, moins de cinéma à Québec

Les trois dernières années ne passeront pas à l’histoire pour les producteurs francophones de cinéma de Québec.

Depuis 2015, 103 projets ont été réalisés dans la région en cinéma et en télévision. Ce qui a représenté 6,8 % du volume total des productions à travers la province. 

Le coût de ces chantiers s’est élevé à 110,3 millions $, soit 5 % de la facture totale pour le Québec. 

Ce sont les productions télévisuelles qui ont enregistré la meilleure performance dans la capitale.

«Il y a une belle croissance en télévision et en animation. La valeur de la production d’œuvres d’animation et de fiction en télévision a augmenté de 16 %. Des séries comme La dérape, ce sont des produits que nous avions moins régulièrement avant», fait valoir Nancy Florence Savard, présidente de la Table de concertation de l’industrie du cinéma et de la télévision de la Capitale-Nationale. Un organisme sans but lucratif qui représente une quarantaine de membres 

La porte-parole mentionne aussi qu’il y a eu une forte progression de 13 % de la valeur de la production du côté des émissions de jeux et de variétés.

À titre de comparaison, pour les amateurs de chiffres, entre 2009 et 2011, il s’était concocté 53 projets télévisuels dans la Ville de Régis Labeaume. Entre 2012 et 2014, ce nombre avait grimpé à 84. Et finalement, entre 2015 et 2017, la marque a été de 92.

Moins rose

Du côté du cinéma, la situation est moins rose. Le nombre de productions a chuté depuis 2015. 

Il faut dire que 2014 avait été une année faste pour la capitale, entre autres avec la production de quatre longs métrages, soit La chute de Sparte, Ailleurs, Feuilles mortes et Nelly et Simon : Mission Yéti

«Les devis de production sont plus bas et la valeur totale correspond à la moitié des trois dernières années», s’inquiète la responsable de la Table, qui promet de se pencher sur cette situation avec ses partenaires Téléfilm Canada et la Sodec au cours des prochaines semaines. 

«On se questionne beaucoup sur ce qui s’est passé. On va prochainement mettre sur pied un comité pour mieux comprendre», avance Mme Savard, aussi patronne chez Productions 10e ave.

Objectif

En 2016, la Table de concertation de la capitale s’était donné comme objectif que la région de Québec réalise au moins 10 % du volume de la production québécoise en cinéma et en télévision d’ici 10 ans. Actuellement, la capitale se situe aux alentours de 5 %. Comme quoi il reste encore beaucoup de boulot.

«Si on regarde les projets pour les émissions pour enfants et jeunesse, la Capitale-Nationale en a réalisé 9 %. Pour les documentaires, c’est 3 %. Nous sommes en dessous de notre objectif. Pour les séries dramatiques, nous sommes à 7 %. Dans variété et arts de la scène, nous avons notre 10 %», énumère Mme Savard, pour illustrer les secteurs tirant de la patte.

Du côté du secteur de l’animation, Québec fait toutefois bonne figure à travers la province avec 22 % des réalisations.

Au cours de la dernière année, 75 % de la production québécoise a été réalisée «à moins de 25 kilomètres du métro Papineau de Montréal». La capitale figure au quatrième rang derrière les régions administratives de Montréal/Laval, la Montérégie et les Laurentides.