Déjà touchée par une baisse de la demande attribuable à l'éclosion du nouveau coronavirus, l'économie albertaine, fortement dépendante à l'industrie pétrolière, devrait subir un nouveau coup avec le plongeon des cours mondiaux de l'or noir.

Plongeon du pétrole: Kenney fera «tout ce qu'il faut pour sauver l'Alberta»

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, affirme que son gouvernement fera tout ce qu'il faut pour sauver la province de l'effondrement du prix du pétrole et il souhaite que le gouvernement fédéral intensifie également ses efforts.

Jason Kenney a indiqué, à Calgary lundi après la fermeture des marchés, qu'il ne s'agissait pas seulement de l'économie de l'Alberta, mais aussi de celle du pays. La chute drastique des prix du pétrole risque de coûter des milliards de dollars à la province.

«Les Albertains, même en cette période de crise économique, ont donné 20 milliards de dollars nets au reste de la fédération par le biais de nos impôts fédéraux. Notre capacité de continuer à le faire est maintenant en danger», a-t-il déclaré.

«Les Albertains ont été bons pour le reste du Canada. Il est temps que le reste du Canada rendre la pareille.»

Jason Kenney doit rencontrer le premier ministre Justin Trudeau vendredi lors de la réunion des premiers ministres à Ottawa.

Il a indiqué qu'il demanderait une série de mesures de secours, y compris des incitations financières pour aider à créer des emplois dans la récupération des puits orphelins, des modifications aux cotisations sociales et la suppression d'un plafond sur les paiements de stabilisation fiscale qui rapporterait environ 2,6 milliards de dollars à l'Alberta.


« Les Albertains ont été bons pour le reste du Canada. Il est temps que le reste du Canada rendre la pareille »
Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney

Jason Kenney a déclaré que son gouvernement envisagera une gamme de choix qui incluent d'emprunter de l'argent pour plus de dépenses en capital afin de stimuler les emplois, un retour aux incitations fiscales pour attirer les jeunes pousses de la haute technologie et subventionner directement le baril de pétrole.

Le premier ministre est également en train de constituer un comité d'urgence qui sera dirigé par l'économiste Jack Mintz à la School of Public Policy de l'Université de Calgary.

«Toutes les options seront sur la table. Je le répète : toutes les options seront sur la table pour faire tout ce que nous pouvons dans la mesure de nos moyens pour aider à protéger les emplois et les Albertains», a déclaré le premier ministre Kenney.

Déjà touchée par une baisse de la demande attribuable à l'éclosion du nouveau coronavirus, l'économie albertaine, fortement dépendante à l'industrie pétrolière, devrait subir un nouveau coup avec le plongeon des cours mondiaux de l'or noir.

La baisse des prix du pétrole s'est accélérée en raison d'une guerre de prix entre l'Arabie saoudite et la Russie.

Le prix du baril de pétrole brut West Texas Intermediate - le cours de référence aux États-Unis - est tombé lundi à 31,13 $ US, en baisse de plus de 10,16 $ depuis la clôture de vendredi. À ce niveau, il est inférieur au prix moyen du baril de 58 $ US prévu dans le budget de l'Alberta.

Chaque baisse de 1 $ du prix représente une baisse d'environ 200 millions $ du résultat net de l'Alberta.

Jason Kenney, affirmant que ce n'est pas le moment de faire de la politique partisane, a déclaré qu'il contacterait ses rivaux politiques, dont la chef de l'opposition néo-démocrate Rachel Notley, pour obtenir des conseils.

Avant l'intervention du premier ministre, la chef de l'opposition de l'Alberta avait déclaré que le premier ministre Jason Kenney devrait retirer son budget et en présenter un nouveau qui tient compte du plongeon des prix du pétrole et des revenus dont celui-ci privera le gouvernement.

Rachel Notley a affirmé que la faiblesse des prix devrait faire passer le déficit prévu de la province pour 2020-2021 de 6,8 milliards $ à près de 11 milliards $, selon des calculs qu'elle qualifie de conservateurs.

Elle a également indiqué que M. Kenney a rendu l'Alberta vulnérable en réduisant l'impôt sur le revenu des sociétés l'an dernier et en utilisant des projections de revenus pétroliers extrêmement optimistes dans son budget présenté il y a près de deux semaines.

Mme Notley a aussi affirmé que M. Kenney avait eu tort lorsque son gouvernement a démantelé, l'automne dernier, des mesures incitatives fiscales conçues pour attirer des entreprises plus diversifiées, y compris des entreprises de haute technologie, en Alberta.

La chef de l'opposition avait elle aussi mentionné qu'il était temps de mettre de côté la politique partisane et de convoquer un comité bipartite pour trouver un moyen de surmonter la crise des prix du pétrole.

Dimanche, la ministre de l'Énergie de l'Alberta, Sonya Savage, a indiqué sur le réseau social Twitter qu'elle observait la situation, mais a noté que l'industrie de l'énergie avait réduit ses coûts et amélioré son efficacité au fil des ans.

Le premier ministre de la province, Jason Kenney, a également affirmé la semaine dernière que sa promesse de mettre fin au déficit d'ici 2023 pourrait ne pas se concrétiser.

Son parti a remporté les élections d'avril dernier sur une promesse de se concentrer sur la revitalisation du pétrole et du gaz naturel tout en éliminant une série de déficits de plusieurs milliards de dollars.