Plainte d'un syndicat mis en lock-out par un syndicat-employeur

MONTRÉAL - Le syndicat mis en lock-out par un autre syndicat vient de porter plainte au Tribunal administratif du travail.

En fait, c’est le syndicat qui représente les secrétaires à l’emploi du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, à Granby, qui vient de déposer une plainte pour négociation de mauvaise foi contre le syndicat-employeur. Ce syndicat d’enseignants, affilié à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), a mis les secrétaires en lock-out, le 4 juin.

Ces secrétaires sont membres d’un tout petit syndicat, le Syndicat des employés de syndicats et des organismes collectifs du Québec.

Le petit syndicat a déjà eu quatre membres, mais il ne représente plus que deux secrétaires, puisque deux conseillères syndicales ont quitté. La négociation, même en conciliation, n’avance guère. Les deux secrétaires ont été mises en lock-out par le syndicat d’enseignants le 4 juin.

Le Syndicat des employés de syndicats et des organismes collectifs du Québec vient donc de déposer devant le Tribunal administratif du travail une plainte à l’endroit du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, arguant qu’il négocie de mauvaise foi.

Dans sa plainte, obtenue par La Presse canadienne, le petit syndicat qui représente les secrétaires reproche notamment au syndicat-employeur de communiquer «directement aux membres du demandeur sa position concernant les demandes syndicales, et ce, avant même de la transmettre au porte-parole du demandeur».

«Le contenu des demandes patronales transmises au personnel du bureau concernait des sujets clairement destinés à l’intimider (tel que de simplifier le processus de mesure disciplinaire, de congédiement et d’abolition de poste, ainsi que de réduire la semaine de travail de la réceptionniste) alors qu’il s’agissait du seul personnel encore à l’emploi du défendeur», écrit dans sa plainte le syndicat qui représente les secrétaires.

Il soutient également dans sa plainte que le syndicat-employeur utilisait «les services d’une employée qu’il désirait mettre en lock-out afin de communiquer à ses membres sa volonté d’imposer un lock-out».

La plainte n’a pas encore été entendue par le Tribunal administratif du travail, donc le syndicat-employeur n’a pu donner sa version des faits.

Mais au cours d’une entrevue, la semaine dernière, il avait soutenu que la convention collective qui avait été signée entre le syndicat des enseignants et le syndicat de ses employés était trop généreuse et qu’il lui fallait obtenir des concessions de la part de ses employés. Il avait aussi soutenu que le syndicat des enseignants avait reçu plusieurs plaintes de ses membres concernant la qualité des services dispensés.