Le 30 septembre, la Ville avait mis en vente la partie est de l'îlot de la place Jacques-Cartier, celle où se trouve l'auditorium de la bibliothèque Gabrielle-Roy. L'appel d'offres a été annulé en décembre, car un seul soumissionnaire avait déposé une proposition.

Place Jacques-Cartier: la Ville de Québec rencontre des promoteurs

La direction générale de la Ville de Québec rencontre ces jours-ci des promoteurs immobiliers souhaitant construire la future tour de la place Jacques-Cartier, au coeur du quartier Saint-Roch. Après l'annulation de l'appel d'offres pour la vente du terrain, une négociation de gré à gré est envisagée afin de respecter l'échéancier. GM Développement est sur les rangs.
Le 30 septembre, la Ville avait mis en vente la partie est de l'îlot de la place Jacques-Cartier, celle où se trouve actuellement l'auditorium de la bibliothèque Gabrielle-Roy. Elle avait fixé le prix de départ à 1 150 000 $, dont 50 % devait être versé comptant, et énuméré une série de conditions. Le plus offrant devait remporter la mise.
Or, à l'expiration du délai, le 2 décembre, une seule soumission avait été déposée, et elle n'était pas conforme. C'était l'oeuvre de GM Développement, entreprise ayant participé activement à la revitalisation du quartier Saint-Roch, qui ne savait pas qu'elle était seule sur les rangs, selon sa porte-parole, Annie Germain.
Appel d'offres annulé
Devant ce résultat, la Ville a décidé d'annuler l'appel d'offres et d'étudier plutôt la possibilité de négocier une entente de gré à gré avec un promoteur immobilier capable et intéressé à ce chantier majeur. C'est la direction générale qui tient des rencontres à ce sujet, a indiqué lundi Mireille Plamondon, porte-parole de la Ville. «C'est une façon d'aller plus rapidement pour respecter l'échéancier et débuter les travaux en 2015», a-t-elle spécifié.
Les conditions de l'appel d'offres initial demeurent: offrir un minimum de 100 places de stationnement pour le grand public et ériger une tour d'au moins 10 étages, même si le maire Régis Labeaume en espère 16 et que le zonage en permet tout autant. Les travaux doivent débuter dans l'année suivant l'acquisition du terrain, dont le prix n'a pas bougé.
La Ville espérait que cette première étape soit conclue au début de 2014 pour que les travaux soient lancés en 2015 et l'édifice livré en 2018.
Mme Plamondon n'était pas en mesure de préciser lundi combien d'entreprises sont rencontrées par la direction générale, ni quels critères ont présidé à la sélection.
On sait minimalement que GM Développement est en discussion avec la Ville. L'entreprise s'est inscrite comme il se doit au Registre des lobbyistes pour la négociation du contrat, mais également pour l'obtention du permis de démolition du bâtiment existant et des permis de construction. Elle est la seule à l'avoir fait, selon une vérification du Soleil.
Intéressés depuis 2006
La porte-parole du promoteur a précisé que les propriétaires, Jean Campeau et Geneviève Marcon, avaient une vision bien à eux de ce grand projet et qu'ils étaient prêts à la présenter à l'administration municipale. Il est notamment question de poursuivre l'artère commerciale et d'«unir les deux côtés de [la rue] Saint-Joseph», de part et d'autre de la rue de la Couronne, a spécifié Mme Germain.
Ce n'est pas d'hier que GM Développement s'intéresse à la place Jacques-Cartier. Dès 2006, l'entreprise avait développé un concept en partenariat avec la Ville. Les plans de construction avaient même été approuvés. Mais en 2009, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) avait exercé le droit de veto qu'elle possédait sur le développement du quadrilatère et s'était opposée au projet.
On connaît la suite : entente avec la CSQ qui doit construire la tour avec un autre partenaire privé, mésentente sur la hauteur et le coût du projet final, menaces d'expropriation puis retrait de la CSQ pour lancer le nouvel appel d'offres.
En 2012, GM Développement a répliqué avec une poursuite toujours pendante de 600 000 $ contre la Ville de Québec, à qui elle reproche de ne pas l'avoir informée du droit de veto de la CSQ.