Le salon de la Semaine de l'agriculture, de l'alimentation et de la consommation est de retour en fin de semaine pour une 39e année au Centre de foires de Québec.

Place à l'agriculture et à l'alimentation au Centre de foires de Québec

Le salon de la Semaine de l'agriculture, de l'alimentation et de la consommation sera de retour en fin de semaine pour une 39e année au Centre de foires de Québec. Parmi les activités fort courues, les conférences des chercheurs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, qui débutent vendredi.
La transformation alimentaire reprend du galon 
D'abord perçue comme une grande amélioration pour prolonger la durée de vie des aliments, la transformation alimentaire a connu des heures sombres qui commencent seulement à s'estomper.
Des additifs douteux, des colorants soupçonnés de toxicité, des listes d'ingrédients aux noms impossibles à prononcer ont donné un caractère de plus en plus artificiel, voire nuisible pour la santé, à ce que nous mettons dans nos assiettes, dit Michel Britten.
Le chercheur spécialisé en salubrité des aliments parlera de l'évolution de la transformation alimentaire, de son rôle et de ses effets. La pasteurisation du lait a constitué une grande avancée pour la santé, dit-il, par exemple.
Si l'industrialisation à outrance a donné une mauvaise image des processus de transformation, la situation semble en voie de se redresser. 
«On ne se fera pas d'idée, les compagnies ne le font pas par altruisme, mais parce que les consommateurs sont plus exigeants.»
Des produits plus naturels, de meilleure qualité, reconnus pour leurs effets positifs sur la santé prennent peu à peu place dans la liste des ingrédients.
«Les compagnies mettent beaucoup d'efforts pour développer de nouvelles gammes de produits. On assiste présente à une très grande diversification du marché et chaque consommateur y trouve son compte : aliments biologiques, respect du bien-être animal, de l'environnement, des convictions religieuses, ingrédients locaux...»
De plus en plus, dit Michel Britten, l'industrie réalise qu'elle ne peut plus faire n'importe quoi, et que les consommateurs votent chaque fois qu'ils mettent un produit dans leur panier.
La présentation a lieu vendredi à 16h.
Des milliards de bactéries pour le bienfait de la santé
L'avènement des probiotiques sur le marché alimentaire n'est pas passé inaperçu. Voilà que tout à coup, on ajoutait un milliard (!) de bactéries dans notre yogourt. De la frime, ou une véritable avancée?
Le microbiologiste Claude Champagne expliquera ce que sont les probiotiques et le rôle qu'ils peuvent jouer pour l'amélioration de la santé.
Les probiotiques sont des bactéries naturellement présentes dans le système digestif des individus en santé qui jouent un rôle positif dans la prévention de certaines maladies.
Attention, dit Claude Champagne. Elles ne guérissent pas une maladie et ne sont pas non plus une assurance mur à mur. Mais leur effet préventif est bel et bien démontré. 
Il est ainsi prouvé qu'elles réduisent de 40 % le risque de souffrir de diarrhée après avoir pris des antibiotiques. Par contre, cette efficacité diminue à 8 % lorsqu'il s'agit de diarrhée causée par la tourista
Il n'y a pas de superbactérie qui lutterait contre toutes les pathologies. Chaque souche a sa spécialité. Certaines ont un effet sur les maladies cardiovasculaires, d'autres sur le système intestinal, par exemple. 
Ce sont aussi des bibittes fragiles, qui ne résistent pas à la chaleur. C'est la raison pour laquelle on n'en trouve pas dans des aliments cuits, comme le pain ou les biscuits. En fait, le yogourt s'est un peu imposé comme support parce qu'il contient déjà naturellement des bactéries. En ajouter apparaissait plus naturel, «ça faisait moins peur», dit M. Champagne.
D'autres produits s'en viennent sur le marché, selon le chercheur, qui travaille justement à élargir le spectre des aliments qui en contiennent. On pourrait en retrouver un jour dans les poudres de lait pour nourrissons, dans les barres tendres... L'un des défis est d'assurer leur conservation. Les experts travaillent ainsi à une méthode d'encapsulation qui pourrait être utilisée pour les protéger dans les aliments comme c'est le cas dans les suppléments alimentaires. «Ça fait partie des techniques du futur.»
La présentation a lieu samedi à 15h.
Meilleurs, les aliments biologiques?
Les aliments biologiques sont-ils meilleurs au goût? Plus nutritifs? La chercheuse Martine Dorais viendra déboulonner quelques mythes et remettre les pendules à l'heure.
Le concept même de «biologique» n'est pas bien connu par tous, dit celle qui s'efforce d'améliorer ce mode de culture pour les tomates en serre. 
Le principe du bio va bien au-delà de la non-utilisation d'engrais ou de pesticides de synthèse, mais renvoie à une globalité. C'est la promotion de la santé des sols, des animaux, des humains en les prenant dans leur interrelation, dit-elle.
Une majorité des consommateurs qui achètent des produits biologiques le font pour les bienfaits qu'ils leur accordent au niveau de la santé. Or, les études réalisées à ce jour ne permettent pas de conclure que ces aliments sont plus sains. On sait qu'ils ont certains avantages, comme de porter moins de bactéries résistantes aux antibiotiques, d'êtres moins riches en nitrates, plus riches en vitamine C, de posséder parfois plus de minéraux. Malgré cela, on ne peut dire qu'ils sont meilleurs pour la santé en raison de la grande diversité d'aliments. Certains profitent davantage de ce mode de culture, d'autres moins.
Leur goût est-il meilleur? Encore là, Mme Dorais brise un mythe. Lorsqu'on compare les mêmes cultivars, les cultures biologiques ne sont pas meilleures que les cultures conventionnelles. La différence vient plutôt du fait que dans les cultures à grandes échelles, plus industrialisées, on privilégie souvent des cultivars moins goûteux, mais ayant d'autres qualités, par exemple une conservation plus longue.
La chercheuse croit qu'il faut considérer la culture biologique dans son ensemble et pour ses effets environnementaux à long terme sur la biodiversité des sols, la séquestration du carbone, les pollinisateurs, l'utilisation de l'énergie... Elle démontrera entre autres comment, avec ses travaux, elle est parvenue à réduire par sept l'empreinte environnementale de tomates biologiques en serre par rapport à la culture en serre conventionnelle.
La présentation a lieu dimanche à 15h.