En donnant trop de détails sur leur vie privée sur les réseaux sociaux, les usagers ouvrent la porte toute grande aux spécialistes du vol d’identité.

Piratage des comptes bancaires: la vigilance toujours de mise

Avec la prolifération des outils informatiques et des réseaux sociaux, les consommateurs ont besoin plus que jamais d’être vigilants et se méfier des demandes incongrues concernant leurs informations personnelles.

«Les fraudeurs utilisent des courriels qui ressemblent étrangement à ceux d’une institution financière pour attraper les consommateurs. En étant vigilants, les consommateurs pourront remarquer que le lien ne correspond pas au site de la banque ou de la caisse, que la demande est toujours urgente, sinon le compte bancaire sera fermé», explique Benoît Dupont, professeur en criminologie à l’Université de Montréal.

Les institutions financières n’utilisent jamais le courriel pour prévenir leur client d’un problème, elles téléphonent. Le courriel sert uniquement pour les informations générales ou la promotion de services, précise-t-il.

Directeur scientifique du Réseau intégré sur la cybersécurité et porte-parole de la campagne «Je garde ça pour moi» initiée par Desjardins, la Banque Nationale et la Banque Laurentienne, M. Dupont rappellent que certains gestes simples peuvent prévenir des principales arnaques.

Il ne faut jamais répondre à un message électronique, courriel ou message texte sur le téléphone, qui demande des informations du genre adresse, numéro de téléphone, date de naissance et numéro d’assurance sociale pour réinitialiser le mot de passe du compte. «Détruisez le courriel ou le SMS, avise-t-il. Si vous pouvez le faire, faites suivre le message frauduleux à votre institution qui pourra prendre des mesures appropriées.»

Réseaux gratuits

Pour les consommateurs utilisant téléphone, tablette ou ordinateur dans des lieux publics en passant par le réseau sans fil gratuit (WiFi), M. Dupont répète qu’il faut éviter de faire des transactions financières sur ces réseaux non protégés contre le piratage, que ce soit au café du coin, au restaurant, à l’aéroport ou à l’hôtel. Les réseaux gratuits sont faciles à pirater et les consommateurs deviennent des proies de prédilections. «Si vous devez faire absolument une transaction sur votre téléphone, faites-le en passant par le signal cellulaire de votre fournisseur. Les communications et les données sont cryptées.»

Quant aux réseaux sociaux, l’expert affirme que tous n’ont pas à avoir l’adresse, la date d’anniversaire et les autres renseignements personnels des gens. En donnant trop de détails, les usagers ouvrent la porte toute grande aux spécialistes du vol d’identité.

L’autre phénomène dont il faut se méfier, ce sont les demandeurs de rançons. En cliquant sur un lien dans un message par exemple, un outil malveillant vient crypter les données du disque interne de l’ordinateur. Les fraudeurs demandent alors une rançon pour déverrouiller l’appareil. La meilleure solution de protection, indique M. Dupont, demeure la prise régulière de copie de sécurité sur un disque externe ou avec un service en ligne coutant environ 100 $ par année. 

Et, si les mises à jour sur l’ordinateur, le téléphone ou la tablette vous dérangent, prenez le temps d’effectuer le boulot. «Ainsi en étant à jour, vos appareils seront mieux protégés contre le piratage», estime M. Dupont.

www.jegardecapourmoi.com