Peu d’impact en 2019 de la hausse des taux hypothécaires

Les contrecoups de la hausse des taux hypothécaires ne ralentiront pas l’élan du marché immobilier résidentiel dans la région de Québec.

Pas à court terme du moins.

Pour la Fédération des chambres immobilières du Québec, «la région de Québec poursuit sa marche tranquille».

La FCIQ présentait, lundi, son bilan 2018 et ses perspectives 2019 pour le marché immobilier résidentiel de la région de Québec.

L’année 2019 devrait être, encore une fois, un bon cru. (Voir tableau)

Les ventes résidentielles devraient augmenter de 1%.

Une «modique» augmentation de 1% du prix médian de condos (191 000$) est prévue.

La croissance du prix des maisons unifamiliales (256 000$) devrait aussi être de 1%.

Les fondements économiques et démographiques sont au rendez-vous, ont fait valoir Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins, et Paul Cardinal, directeur de l’analyse du marché à la FCIQ.

À 5,2% en octobre, le taux de chômage se situe tout près d’un creux historique. Le taux de confiance des consommateurs n’a jamais été aussi élevé depuis 15 ans. Le revenu disponible réel a bondi de 3,5% en 2017 par rapport à l’année précédente.

«Le marché immobilier résidentiel de la région de Québec ne connaît pas une surchauffe comme à Montréal. Il ne souffre pas d’une surévaluation et les prix sont abordables», résume Hélène Bégin.

Reste la hausse des taux d’intérêt.

«L’impact va se faire ressentir à la fin de 2019 et davantage en 2020», souligne Paul Cardinal.

Depuis un an, les taux hypothécaires 5 ans ont connu une hausse de 0,55% pour s’établir à 5,54% en octobre. «Ils devraient se situer aux alentours de 6% à la fin de 2019», prévoit-il.

Marché très actif en vue

M. Cardinal s’attend d’ailleurs à ce que le marché immobilier soit «très très actif» au début de la prochaine année. «Les acheteurs vont vouloir passer à l’action très rapidement avant que les taux d’intérêt augmentent davantage.»

Est-ce que le mouvement amorcé par la Banque du Canada, qui prévoit deux autres augmentations de son taux directeur (1,75%) dans les prochains mois, va mettre des ménages dans le pétrin ?

«Actuellement, la proportion de prêts hypothécaires en souffrance est extrêmement bas», précise Paul Cardinal. La proportion de prêts pour lesquels les versements hypothécaires ne sont pas effectués à temps se situait à 0,25% en juin dernier. «C’est un prêt sur 353 au Québec», illustre l’expert de la FCIQ. «Ce pourcentage pourrait augmenter un petit peu sans toutefois causer un déséquilibre dans le marché.»

«Ce qui aide les propriétaires, c’est que le prix de leur maison a continué d’augmenter au cours des dernières années. Un propriétaire en difficulté sera normalement en mesure de revendre sa propriété pour au moins le solde de l’hypothèque sans trop de difficulté.»

Par ailleurs, ce n’est pas demain matin que le marché des condos à Québec va se sortir de sa situation de surplus. «Il y a encore 1218 copropriétés en construction dans la capitale», note M. Cardinal. «Encore une fois, les acheteurs auront le gros bout du bâton lorsqu’ils négocieront le prix d’un condo.»

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PAYER PLUS CHER POUR VIVRE PRÈS DU RÉSEAU STRUCTURANT

Si votre maison est située à proximité d’une station du futur réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec, il y a une forte chance qu’elle prenne de la valeur.

En novembre 2016, la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) a cherché à connaître l’effet de la proximité d’une station de Métrobus sur la valeur des propriétés situées dans un rayon d’un kilomètre.

«À cette époque-là, on ne connaissait rien du projet ds réseau structurant de transport en commun mis de l’avant par la Ville de Québec», prend soin de mentionner Paul Cardinal, directeur de l’analyse des marchés à la FCIQ.

L’enquête menée par la FCIQ révèle que pour les propriétés situées dans un rayon d’un kilomètre d’une station de Métrobus, les effets sur la valeur des maisons unifamiliales et les copropriétés étaient de 8,9% et de 8,1% respectivement.

Les ménages sont-ils prêts à payer une «prime» de 8,9 % ou de 8,1 % pour habiter à proximité d’une station du futur réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec ?

Seul l’avenir le dira...