Le chef de la direction de PetalMD, Patrice Gilbert

PetalMD, de startup à jeune pousse florissante

Il était une fois une startup de Québec qui, à ses débuts, parvenait à convaincre une vingtaine de médecins par mois d'adopter sa plateforme technologique de gestion des horaires. Trois ans plus tard, PetalMD, maintenant devenue une jeune entreprise florissante, recrute entre 100 et 125 nouveaux médecins par semaine. De six, en 2009, son nombre d'employés est passé à 30.
Au Canada, la communauté en ligne PetalMD compte 7000 médecins.
Plus tôt cette semaine, la compagnie annonçait que les 582 médecins du Centre de la santé et des services sociaux de Laval utiliseraient sa plateforme Web. Au Canada, notamment au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, plus de 400 groupes de médecins dans une vingtaine d'hôpitaux, dont l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), le CHUM et le CHU Sainte-Justne sont des clients de PetalMD. Sept cardiologues sur dix au Québec ne jurent que par l'outil de PetalMD pour gérer leurs tâches médicoadministratives et leur permettre d'avoir plus de temps à consacrer à leurs patients.
«Il y a environ 75 000 médecins au Canada et nous en avons 7000 qui ont craqué pour notre produit. Nous ne sommes pas bien loin de l'atteinte d'une masse critique de 10 %», fait remarquer le chef de la direction de l'entreprise, Patrice Gilbert.
PetalMD a mis au point un outil qui permet à la personne qui gère les emplois du temps d'un groupe de médecins de concevoir en une seule journée un horaire de travail pour une période de trois mois. Non seulement la plateforme planifie des horaires, elle gère aussi les absences, elle tient compte des préférences des médecins de travailler, par exemple, le jour, le soir ou la nuit et des règles élémentaires d'équité. En tout temps, les médecins peuvent consulter leurs horaires sur leur téléphone mobile ou leur tablette. Ils peuvent même y apporter des changements.
De plus, la trouvaille qui a germé dans la tête des fondateurs de PetalMD - qui sont tous des anciens employés de Taleo - agit comme une espèce de bibliothèque centrale en permettant l'échange de documents entre les médecins, l'accès à la formation médicale continue et la gestion de l'abondante documentation acheminée à ces professionnels de la santé.
Porte d'entrée gratuite
L'accès au service de base offert par PetalMD est gratuit. Il en coûtera cependant des sous à l'hôpital, au département ou à la clinique qui voudra ajouter des applications particulières à l'outil de gestion, comme son branchement sur le réseau téléphonique d'un hôpital par exemple.
«Pour en arriver à percer le marché, il nous fallait absolument offrir une porte d'entrée gratuite pour permettre aux médecins de découvrir notre produit. Nous avons préféré miser sur cette stratégie plutôt que d'investir des sommes importantes en marketing pour rejoindre les futurs utilisateurs», explique Patrice Gilbert au Soleil.
Pour le moment, PetalMD a choisi de concentrer ses énergies sur le marché canadien. Des tests ont été réalisés en France et en Belgique et d'autres se feront aux États-Unis prochainement.
«C'est principalement par le bouche-à-oreille que nous avons réussi à intéresser des médecins. Dans le cas des cardiologues, par exemple, tout a commencé par ceux de l'IUCPQ. Ils ont vanté notre technologie à leurs collègues des autres hôpitaux. C'est comme ça que nous nous sommes retrouvés en France et en Belgique. De passage au Québec, des médecins européens ont été épatés de voir leurs homologues québécois sortir leur téléphone mobile pour consulter leur horaire. Ils en veulent, eux aussi, un outil semblable.»
L'entreprise qui a réinventé le calendrier des médecins reçoit aussi des demandes de la part de groupes d'infirmières, de vétérinaires et de dentistes. Une chose à la fois, insiste le chef de la direction de PetalMD qui n'est pas peu fier de démontrer qu'une startup peut s'épanouir à Québec et que les sources de financement sont disponibles pour les projets innovateurs. «Il existe bel et bien un écosystème d'entrepreneurs à succès dans la capitale.»