Le président-directeur général de PetalMD, Patrice Gilbert

PetalMD achète Xacte

Dans sa traversée du désert, PetalMD fait le plein de victuailles pour lui fournir le carburant nécessaire à l’atteinte de la terre promise.

Une société de Québec active dans le domaine de la santé numérique, PetalMD annonce l’acquisition d’une autre entreprise de la capitale. La nouvelle venue, Xacte, fait son pain et son beurre dans la facturation médicale en ligne.

Du même coup, PetalMD ajoute une corde à son arc. Ou un pétale à la fleur, comme l’indique son pdg, Patrice Gilbert, en entrevue au Soleil.

En effet, la compagnie qui a vu le jour en 2009 dans le sous-sol de la résidence de M. Gilbert propose déjà des solutions numériques aux professionnels de la santé, aux cliniques médicales, aux hôpitaux et à tous les Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) de ce monde en matière de planification et de gestion d’horaires et de rendez-vous avec les patients et de messageries sécurisées.

Au Canada, en France, en Belgique et en Suisse, près de 40 000 professionnels de la santé répartis dans plus de 150 établissements de santé et 1400 départements au sein d’hôpitaux ont déjà dit adieu à la paperasserie et utilisent les outils numériques développés par PetalMD.

À son offre, cette dernière ajoute maintenant la facturation médicale en ligne.

Patrice Gilbert signale qu’il y a déjà quelques années que PetalMD et Xacte se font la cour.

«Au plan technologique, la solution de facturation développée par Xacte est de loin la plus avancée qui soit. Au Québec, de nombreux médecins ont recours au savoir-faire de Xacte pour obtenir leur rémunération de la Régie de l’assurance-maladie», explique M. Gilbert. «Un savoir-faire qui s’exportera hors des limites québécoises. Peu importe dans quel système il évolue, un professionnel de la santé fait une réclamation quelque part pour être payé. L’acquisition de Xacte s’inscrit donc dans notre stratégie de croissance et dans notre volonté d’accroître notre offre.»

Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Les 16 employés de Xacte deviennent membres de la famille de PetalMD qui compte maintenant 70 personnes.

Quant aux fondateurs et principaux dirigeants de Xacte — Suzanne et Pierre Dorion et Martin Massé —, ils joignent les rangs des actionnaires de PetalMD dont le conseil d’administration est présidé par l’entrepreneur en série et aussi président et chef de la direction de Coveo, Louis Têtu.

Le papier et le fax!

Derrière le développement d’outils de productivité Web et de services mobiles destinés aux médecins, il y a la volonté chez PetalMD d’améliorer les soins à la population, notamment en simplifiant la vie des acteurs du réseau, en favorisant l’accessibilité aux soins et en améliorant l’efficacité du système de santé.

Pour convaincre les médecins à adopter ses outils technologiques, l’équipe de PetalMD a dû prendre le bâton de pèlerin. Neuf ans plus tard, les résultats sont probants, mais la marche est longue. «Une traversée du désert», compare Patrice Gilbert.

«Au Québec, ça prend du temps pour percer le réseau. C’est encore le règne du papier et du fax ! Difficile de convaincre les dirigeants des établissements que nous voulons leur faire épargner des sous. C’est pourquoi nous avons rapidement mis le cap sur le Canada et l’Europe où nous connaissons du succès. Sinon, nous serions déjà morts», explique le pdg qui refuse de lancer la serviette.

Pour le moment, PetalMD n’envisage pas d’aller étendre ses tentacules aux États-Unis. La compagnie entend plutôt accroître ses assises au Canada et en Europe, des marchés dans lesquels la compétition est moins féroce et permet une expansion des affaires à court terme.

«Nous n’avons pas fini de grandir», insiste Patrice Gilbert. «L’entreprise est bien capitalisée et applique rigoureusement un plan stratégique de développement.»

D’autres emplettes sont à prévoir. Son dirigeant affirme que l’entreprise se range plutôt dans le camp des prédateurs que de celui des proies. «Il y a de l’intérêt pour PetalMD, mais nous ne sommes pas à vendre.»