Dans une entrevue avec La Presse canadienne diffusée jeudi, le président de l’UPA, Marcel Groleau a indiqué que ce lobby n’est peut-être pas «omniprésent», mais le gouvernement doit s’assurer qu’il ne s’ingère pas dans les processus décisionnels.

Pesticides: un lobby avec des «intérêts financiers énormes», selon l’UPA

L’Union des producteurs agricoles (UPA) reconnaît qu’il existe un «lobby des pesticides» avec des «intérêts financiers énormes».

Dans une entrevue avec La Presse canadienne diffusée jeudi, le président de l’UPA, Marcel Groleau a indiqué que ce lobby n’est peut-être pas «omniprésent», mais le gouvernement doit s’assurer qu’il ne s’ingère pas dans les processus décisionnels.

Le même jour, le gouvernement Legault a refusé de confirmer l’appui de ses élus à une demande de l’opposition péquiste en faveur d’une commission parlementaire sur les pesticides, afin d’examiner leur impact sur la santé publique et l’environnement.

«Il ne faut pas être naïf, c’est sûr qu’il y a des intérêts financiers énormes, a déclaré M. Groleau. Ce n’est peut-être pas le lobby omniprésent que certains prétendent ou voudraient faire croire, mais c’est certain qu’il y a des intérêts financiers importants, alors ça exige que les gouvernements s’assurent que ces intérêts n’interviennent pas dans les décisions que les agences d’homologation prennent.»

Il prône la transparence et estime qu’il est de l’intérêt de la population de «connaître les risques qu’elle encourt». L’UPA a assuré qu’elle participerait à un éventuel exercice parlementaire sur cet enjeu.

Loin d’être gagné

La partie est loin d’être gagnée toutefois en cette matière. Le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, a bien tenté de connaître la position du gouvernement, mais en vain.

Les commissions parlementaires sont souveraines et ont le loisir de choisir leurs mandats d’initiative, sauf que les députés du gouvernement sont majoritaires et peuvent donc accepter ou écarter un mandat.

M. Roy a plaidé qu’une commission parlementaire était nécessaire pour que «la lumière soit faite sur les témoignages concernant certains produits et que les gens qui ont des choses à nous dire puissent le faire sans être menacés, intimidés ou tout simplement mis à la porte».

«Dans mon rôle de leader du gouvernement, je ne peux pas me prononcer sur une commission à laquelle je ne siège pas», a rétorqué le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette.

Une lettre a été transmise par M. Roy à la présidence de la commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles. Selon une source péquiste, la commission devrait se pencher sur l’acceptation ou non de ce mandat la semaine prochaine, dans une séance dont la date n’a pas encore été déterminée.

Rappelons que le débat sur les pesticides a rarement été aussi vif au Québec que depuis le congédiement en janvier d’un agronome du ministère de l’Agriculture, Louis Robert, qui avait dénoncé l’influence indue de l’industrie des pesticides sur la recherche.

M. Groleau a dit ne pas être au fait des tractations qui ont mené au congédiement, même si un groupe membre de l’UPA, les Producteurs de grains du Québec, fait partie du Centre de recherche sur les grains, mis en cause dans cette controverse.

Il a convenu que cette tempête «nourrit le scepticisme» et n’était «pas d’ordre à rassurer la population».

Le président de l’UPA a indiqué que son organisation a des contacts avec les industriels des pesticides, mais qu’elle n’accepte pas de commandite de leur part et qu’ils sont «très discrets» sur le terrain.